Quand le suivisme paralyse


Au lendemain de sa réélection, le Premier ministre Koizumi réaffirmait son inflexibilité face aux menaces attribuées à des organisations terroristes : il restera fidèle à son engagement envers les Etats-Unis et au déploiement de troupes en Irak. L’attentat contre une base italienne à Nassirya le 12 novembre puis la mort, le 30 novembre dernier à Tikrit, de deux diplomates japonais qui circulaient sans escorte militaire ont cependant contribué à mettre le flou sur la date. Le désaccord s’accentue entre le Premier ministre et l’opinion qui se dit à 90 % défavorable à l’envoi des troupes et à 89 % insatisfaite par les arguments donnés par le gouvernement pour expliquer sa décision prise sans l’accord des Nations Unies et le vote, l’été dernier, de lois spéciales qui vont à l’encontre de la Constitution. Certains membres du parti majoritaire (PLD) craignent pour les élections sénatoriales qui doivent avoir lieu en été 2004. Les Japonais se demandent si la solution militaire est apte à garantir la stabilisation et la reconstruction à laquelle ils sont favorables. Le Japon ne devrait-il pas plutôt œuvrer à la constitution d’un cadre de coopération internationale sous l’égide des Nations unies afin de permettre une rapide reconstruction et mettre fin à l’occupation de l’Irak ? Des initiatives politiques dans ce sens justifieraient alors la présence du Japon sur le terrain. Mais le gouvernement japonais reviendrait-il seulement sur ses promesses faites aux Etats-Unis ?

Philippe Pons, «Tokyo affiche sa fermeté face aux menaces d’attentats d’Al-Qaida», Le Monde, 19/11/2003
Philippe Pons, «Le gouvernement japonais tergiverse sur l’envoi de troupes en Irak», Le Monde, 28/11/2003.

Silence ne rime pas avec absence
Les femmes tiennent une part de plus en plus importante dans la population active japonaise, mais elles sont loin encore de bénéficier du même traitement que les hommes. Elles occupent en effet la majorité des emplois à temps partiel, leurs perspectives d’évolution dans l’entreprise sont limitées (l’office lady standardiste – serveuse de thé et préposée aux photocopies est loin d’avoir disparue) et leurs salaires (d’après une enquête menée en 2002 par le ministère du Travail et du Bien-Être) restent en moyenne inférieurs de 65 % à celui des hommes (même à travail égal). De plus, nombreuses sont celles qui subissent une forme de harcèlement dans leur entreprise, qu’il soit moral ou sexuel, celui-ci ayant souvent pour but l’incitation au départ «à l’initiative de l’employée». Extrêmement rares (elles sont estimées à 10 %) sont celles qui osent cependant en parler. La peur de perdre son emploi, celle du déshonneur, un système politique encore globalement machiste, l’absence de protection juridique, le silence des syndicats n’incitent pas à la prise de parole. Si la sémantique japonaise ne réserve pas de termes spécifiques aux différents types de harcèlement subis par les femmes, il en existe cependant un qui désigne ce type d’hommes importunant les femmes dans les trains aux heures de pointe : les chikan, dont une femme âgée de 20-25 sur trois se dit avoir déjà été victime.

Michel Temman, «Japonaises harcelées du métro au boulot», Libération, 26/11/2003.
Allo petits boulots
Hello Work est le nom de l’Agence Nationale Pour L’emploi au Japon. Par Young Hello Work, on désigne les agences réservées au moins de trente ans. Parmi ses visiteurs, des jeunes tout fraîchement diplômés, d’autres qui vivent de petits arubaito ou baito (de l’allemand arbeit) depuis un certain temps ou d’anciens employés «stables» d’entreprises qui ont rendu leur tablier. On les appelle freeters (de free et arbeiter). Les raisons de leur visite sont multiples, mais quand elle est choisie, elle met en évidence la remise en question d’un système, la baisse de popularité du modèle de «l’employé à vie» qui subit les restructurations en fin de carrière, le fait que le travail n’est plus au centre de l’existence et qu’une importance grandissante est donnée à l’expression des personnalités. Nombreux sont donc ceux qui enchaînent plusieurs petits boulots pour repousser l’entrée dans «la vraie vie active», pour multiplier les expériences professionnelles ou laisser un maximum de place à une passion artistique, à la possibilité de voyages ou à des engagements dans des activités bénévoles.

Brice Pedroletti, «Les petits boulots séduisent les jeunes bohèmes», Le Monde, 18/11/2003.
Marianne Bié


 

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