LA GUERRE EST FINIE…


Le conflit armé contre l’Irak est terminé. Mais le rôle du grand protecteur américain a encore d’autres alliés à soutenir et à défendre contre l’«axe du Mal». La Corée du Nord, menaçante pour le Japon et revendicative auprès des Américains, serait-elle la prochaine cible dans le collimateur de George Bush ? La vraie question est de savoir si Pyongyang possède véritablement l’arme nucléaire. La réponse apportée par Li Gun, chef de la délégation nord-coréenne lors des pourparlers commencés le 23 avril à Pékin ne permet plus d’en douter. La rencontre s’est écourtée sur des déclarations peu encourageantes de la part des deux parties. Pyongyang entendait maintenir sa position militaire arguant du fait que «la guerre pouvait éclater à tout moment» et Colin Powell, secrétaire d’Etat américain, ne comptait pas plier sous le chantage. Le premier ministre japonais, Koizumi Junichiro espère que les Américains ont compris que la solution au problème nord-coréen se situe sur le plan diplomatique et politique, conformément à ce que pensent les Coréens et les Japonais. L’attaque militaire est à éviter. «De notre point de vue, une mauvaise paix est préférable à une bonne guerre» a expliqué Hong Seok-hyun, directeur d’un quotidien sud-coréen. Le prochain sommet du G8 qui se tiendra à Evian début juin aura comme principal dossier celui de la reconstruction de l’Irak, mais la question nord-coréenne sera également abordée. En filigrane de ces dossiers se dessinent les jeux de pouvoir entre l’ONU, les Européens et le clan anglo-américain. Koizumi espère alors rapprocher les points de vue européen et américain, dans un esprit de coopération générale. Lors de la Trilatérale qui s’est tenue à Séoul en avril, la France a été le «bouc émissaire» de la partie anglo-américaine, mais Coréens et Japonais sont restés attachés au respect du droit international. Ils ne veulent pas d’une Amérique omnipotente, isolée, dictant sa démocratie et accentuant le bras de fer avec les Européens. Le clan Asiatique imposera peut-être à Evian sa politique du dialogue, celle qui croit malgré tout aux solutions diplomatiques.
Philippe Pons, «Inquiet, le Japon songe à une défense active», Le Monde, 6-7/04/03.
Philippe Pons, «La Corée du Nord a admis qu’elle possède l’arme nucléaire», Le Monde, 26/04/03.
Philippe Pons, «Japon et Corée redoutent l’imprévisibilité américaine», Le Monde, 27-28/04/03.
IFBOT, LE ROBOT HUMANOÏDE

Ifbot a 5 ans, pèse 7 kg, mesure 45 cm et porte un casque de cosmonaute. Bourré de micro-processeurs, il décrypte les mots par la reconnaissance vocale (intonation, ton, 10 000 mots à son actif…) et il vous répond si vous lui parlez simplement. Son papa, Itoh Hidenori explique qu’il enrichit automatiquement son vocabulaire et qu’il a un million de conversations préprogrammées. Il va jusqu’à décoder l’humeur de son interlocuteur, repère les expressions faciales que lui même possède: il cligne de l’oeil, joue des paupières, s’amuse, s’énerve, s’étonne. Mais à quoi sert Ifbot ? Il peut tenir compagnie aux personnes âgées et amuser les enfants dans les hôpitaux. Pour 4 400 euros, il a un succès fou (1000 ventes prévues cette année) et son grand frère, plus âgé, sera commercialisé d’ici 2004. Le Japon investit énormément dans la robotique dont le but n’est pas uniquement ludique: un robot peut remplacer l’homme quand celui-ci mettrait sa vie en danger: lors d’opérations en milieu hostile (en cas de radioactivité par exemple, de déminage …). Le groupe Takashimaya a posté dernièrement à l’entrée d’un de ses magasins un robot aux gants blancs qui accueille les clients par des courbettes et des salutations orales. La spécialité du Japon en terme de robotique se situe plutôt au niveau technologique et mécanique selon Denis Perret-Gallix, directeur du CNRS à Tokyo. La part des Français est celle du développement d’algorithmes et des techniques de simulation. Pour unir leurs forces, Japonais et Français coopèrent au sein d’un laboratoire commun. D’ici vingt ans, ces humanoïdes seront le meilleur ami de l’homme, et pari est fait qu’on trouvera ça normal.

Brice Pedroletti, «Les constructeurs japonais inaugurent l’ère du robot domestique», Le Monde, 13-14/04/03.
Michel Temman, «Le robot, ami de l’homme», Libération, 19-20/04/2003.
EN VOITURE !
Les constructeurs japonais affichent des résultats historiques : Toyota annonce le bénéfice le plus élevé jamais réalisé par une société japonaise et Daihaitsu sa filiale, a augmenté ses bénéfices de 60% l’année dernière. Ce n’est pas au marché domestique que cette bonne forme est dûe mais à l’export. Les commandes affluent. Pour 2002/2003 avec un résultat net en hausse de 33%, les dettes remboursées, Nissan est le looser devenu leader. La firme devrait même verser à peu près 1,4 milliards d’euros à Renault pour sa participation dans son capital à 44,4%. Des résultats si satisfaisants que d’aucuns se surprennent à penser que Carlos Ghosn devrait remplacer le premier ministre Koizumi. Pas si simple…

Charles Gautier, «Nissan revient dans la course des constructeurs mondiaux », Le Figaro économie, 24/04/03
Charles Gautier, «La générosité de Nissan donne des ailes à Renault», Le Figaro économie, 24/03/03.
Jennifer Pocart