CONDAMNATION SYMBOLIQUE

L’Etat japonais et l’empereur défunt Hirohito ont été condamnés le 12 décembre dernier à Tokyo pour “crimes contre l’humanité” par le “Tribunal des femmes contre l’esclavage sexuel durant la guerre”. Une condamnation symbolique certes, puisque ce tribunal civil n’avait aucune valeur juridique, mais une condamnation qui cherchait essentiellement à sensibiliser l’opinion et à interpeller le gouvernement pour que soit enfin reconnue la responsabilité de l’Etat dans l’esclavage sexuel de plus de 200 000 femmes pendant la seconde guerre mondiale. Ces “femmes de réconfort”, en majorité coréennes, enrolées de force par l’armée nippone, ont été violées, battues, torturées, parfois même exécutées, pour assouvir les désirs sexuels des soldats de l’Empire. Certaines victimes ont tenté à plusieurs reprises de saisir la justice japonaise, mais se sont heurtées à chaque fois au même argument : les dossiers d’indemnisation des victimes de guerre sont clos depuis 1951. C’est donc devant ce tribunal symbolique que 66 d’entre elles se sont exprimées, ainsi que 2 anciens officiers japonais repentis qui ont attestés que l’état-major encourageait ses troupes à commettre viols, crimes et atrocités. C’est pourquoi les deux procureurs du tribunal ont martelé devant les 5 juges internationaux réunis que “Le Japon doit cesser de fuir ses responsabilités et répondre de ses crimes”. Ont-ils été entendus? Cela ne semble hélas pas évident. Quant à l’opinion publique, il n’est pas certain non plus qu’elle se soit sentie véritablement concernée par ce procès, d’autant qu’il n’a guère mobilisé la presse nationale. (A suivre…)

Richard Werly, “Le Japon face à la mémoire des “femmes de réconfort””, Libération, 09-10/12/00.
Philippe Grangereau, “Hirohito, plus coupable que fantoche”, Libération, 11/12/00.
Richard Werly, “Crimes sexuels : l’Etat responsable”, Libération, 11/12/00.
“Hirohito condamné au Japon”, Libération, 13/12/00.
Perrine Cherchève, “La revanche des “femmes de réconfort””, Marianne, 18-24/12/00.
Bruno Birolli, “La mémoire blessée des “ianfu””, Le Nouvel Observateur, 18/12/00-03/01/01.
Chrystelle Carroy, “L’indifférence des Japonais”, Le Nouvel Observateur, 18/12/00-
03/01/01.
ON N’ARRETE PAS LE PROGRES

Aibo 1, le robot-chien de Sony lancé l’année dernière, a désormais un petit frère qui répond au doux nom de Aibo 2, mais n’en est pas moins un… chat. Si le cyberchien, produit en édition limitée, coûtait la bagatelle de 20.000F, son homologue cyberchat, adapté à la production de masse, coûte environ 12.000F et est nettement plus “intelligent”. Il “comprend” ainsi une cinquantaine de mots, réagit aux caresses, miaule, et est doté de deux émotions supplémentaires par rapport à son prédécesseur: la joie et la colère. Enfin, détail pratique, il est équipé d’un mini-appareil de photo qui se déclenche automatiquement quant son maître lui en donne l’ordre. Les Japonais ne se cantonnent toutefois pas à la robotique animale. PS3 et P2, humanoïdes fabriqués par Honda sont assez forts pour soulever des plaques de béton, ce qui pourrait s’avérer précieux après un tremblement de terre. Asimo, leur petit frère, 1m20, 43 kilos, devrait à terme servir à inspecter les zones à risques ou assister les personnes âgées dans leurs travaux domestiques. Il a aussi deux bons copains : SDR3X, nom de famille Sony, 50 cm pour 5 kilos, qui parle et marche à la vitesse de 15 mètres par minute, et TMUSK4 que l’on peut guider grâce à un portable.
A terme le Japon entend bien com-mercialiser ces robots à tout faire. Un projet est ainsi déjà à l’étude pour équiper les hôpitaux de robots capables de détecter des bruits anormaux et d’avertir les infirmières.

Clotilde Leroy

Nathalie Bloch-Sitbon et Delphine Moreau, “Des robots comme chiens et chat”, Le Figaro, 07/11/00.
Richard Werly, “Le robot premier de corvée”, Libération, 15/12/00.
Brice Pedroletti, “L’homme qui veut faire danser les machines”, Le Monde, 20/12/00.

 

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