les esprits “No” to ieru nippon

En 1989, Ishihara Shintarô commettait avec le patron de Sony Morita Akio un ouvrage qui a marqué les esprits “No” to ieru nippon (Le Japon sans complexe, Dunod, 1991). Neuf ans plus tard, l’écrivain récidive avec un article que le mensuel Bungei Shunju vient de publier dans sa livraison du mois de mai. Intitulé Ochiyo, Nippon (Casse-toi la figure Japon !), ce court essai a pour objectif de faire comprendre aux Japonais que malgré les apparences, l’économie nationale dispose de ressources capables de lui permettre de redresser la barre. Mais pour cela, il faut le vouloir. Pour Ishihara Shintarô, le Japon souffre davantage d’un complexe d’infériorité à l’égard des Etats-Unis que d’une réelle faiblesse économique. D’où la nécessité pour le pays du Soleil levant de suivre sa propre voie et de savoir dire “non” à l’Amérique triomphante. L’écrivain reconnaît que la situation a bien évolué par rapport à la fin des années 80, lorsque le Japon dominait l’économie mondiale au point de réveiller des sentiments anti-japonais de l’autre côté du Pacifique. Certes les Etats-Unis ont retrouvé la santé, mais celle-ci est fondée uniquement sur l’argent et non pas sur la marchandise comme c’est le cas au Japon. Ce qui fait dire à Ishihara que cette richesse de l’Amérique est toute “virtuelle” car elle dépend beaucoup des autres, notamment du Japon, lequel détient une très grande partie des obligations américaines. A lui de savoir les utiliser pour faire entendre sa voix et refuser la mainmise de l’oncle Sam sur le monde.
Odaira Namihei