L’ECONOMIE NIPPONE PRETE A REBONDIR

 

LA CRISE, PLUS POUR LONGTEMPS ?

Le Figaro a consacré fin octobre une série de 4 articles à la crise que vit actuellement le Japon. Sous le titre : Japon : la crise douce-amère Jean Leclerc du Sablon passe en revue le stress des patrons des PME; l’augmentation du chômage et la fin de l’emploi à vie; l’inquiétude de la jeune génération; enfin la nouvelle “offensive industrielle” à laquelle le pays s’attelle aujourd’hui. Selon le journaliste “la crise de confiance s’est lentement creusée”, avec en 95 le tremblement de terre de Kobe, qui a montré l’incapacité des autorités à faire face à une catastrophe pourtant prévisible, puis les attentats meurtriers de la secte Aum, enfin plus récemment avec la faillite de Yamaichi Securities, l’un des 4 plus grands établissements de titres nippons. Déboussolés par les turbulences économiques actuelles et abandonnés par les banquiers, qui pensent plus à redresser leurs propres comptes qu’à consentir de nouveaux crédits, les entrepreneurs nippons ne savent plus à quel saint se vouer. De leur côté les étudiants doivent apprendre à chercher du travail (et souvent à attendre avant d’en trouver un), alors que c’était d’ordinaire plutôt les entreprises qui venaient les démarcher avant même l’obtention de leur diplôme. Autre bouleversement, l’augmentation des licenciements et du chômage, qui approche 10% selon certains observateurs. Mais le chômage devrait renforcer la concurrence et encourager les changements d’emploi, bouleversant ainsi les habitudes de travail des Japonais et permettant au Japon, selon le sociologue NAKANO Osamu de s’orienter “vers une société plus souple”. Et pour le PDG français d’un cabinet d’affaires et de conseil, Christian POLAK, les Japonais “se préparent à une offensive industrielle d’une agressivité effrayante envers le monde entier”. Si personne ne semble prévoir un “grand bond” dans un futur proche, beaucoup prédisent un rétablissement de l’économie japonaise d’ici environ 5 ans. A suivre.
Jean Leclerc du Sablon (avec Caroline Jurgenson), “Les nouveaux samouraïs sur le divan”, Le Figaro, 26/10/98.
Jean Leclerc du Sablon (avec Caroline Jurgenson), “Le big bang du marché du travail”, Le Figaro, 27/10/98.
Jean Leclerc du Sablon (avec Caroline Jurgenson), “Le spleen de la “bof génération””, Le Figaro, 28/10/98.
Jean Leclerc du Sablon (avec Caroline Jurgenson), “Groggy, mais prêt à rebondir”, Le Figaro, 29/10/98.

AUM, LE RETOUR

OKAZAKI Kazuaki, un des membres fondateurs de la secte Aum Shinrikyo, a été condamné à mort le 23 octobre pour l’assassinat de quatre personnes : le triple meurtre en novembre 1989 d’un avocat défenseur de familles qui tentaient de retirer leurs enfants de la secte, de sa femme et de leur bébé, ainsi que le meurtre d’un jeune membre récalcitrant de la secte. Cette condamnation à mort est la première prononcée depuis l’ouverture des procès de responsables de crimes commis par l’organisation criminelle. Elle intervient alors que la secte, qui n’a finalement pas été démantelée même si elle a perdu en 1995 son statut d’organisation religieuse reconnue, reprend du poil de la bête. Sans gourou et avec la plupart de ses “grands aumôniers” en prison, Aum Shinrikyo s’est vu confortée par la conclusion d’une mission indépendante en janvier 97, qui a jugé qu’elle ne représentait plus de danger pour la société. Elle compte aujourd’hui environ 500 membres permanents qui n’ont pas perdu leur “foi”, et de nombreux adeptes, anciens ou nouveaux . Ces nouveaux disciples seraient “des jeunes ordinaires, ayant un bon niveau universitaire qui… pensent qu’Aum peut donner un autre sens, autre que matériel, à leur vie” (P. Pons). Leurs parents n’ont sans doute pas tort de s’inquiéter.

Philippe Pons, “La résurgence de la secte Aum inquiète le Japon”, Le Monde, 24/10/98.
“Japon : la peine de mort pour un membre de la secte Aum Shinrikyo”, Libération, 24-25/10/98.

Clotilde Leroy