FANTAISIE ET SENSIBILITE

Ah ! Qu’elle est jolie la poésie de MIYAZAWA Kenji. Le célèbre écrivain à qui l’on doit le fameux Train de la voie lactée et dont a fêté le centenaire de la naissance il y a deux ans nous livre dans Le Bureau des chats un magnifique recueil de contes traduit avec force par Elisabeth Suetsugu.
La fantaisie de MIYAZAWA se retrouve dès le premier conte intitulé Les Jumeaux du ciel qui raconte l’histoire de Chun et Pô qui vivent dans des petits palais de cristal sur la rive ouest de la Voie lactée. Leurs aventures pleines de rebondissements apportent un rythme particulier à ce texte où la réflexion sur la nature humaine n’est jamais très éloignée. Mais c’est surtout la simplicité et la poésie avec laquelle le conteur nous livre son histoire qui frappe le lecteur. Si vous essayez de lire les contes de MIYAZAWA à vos enfants, vous serez frappés par l’enthousiasme de ces derniers à l’écoute de ces jolis textes. Illustrés par Fabrice Avrit, les cinq contes de ce petit recueil sont l’occasion de plonger dans un monde merveilleux que l’on a souvent tendance à ne plus vouloir approcher de peur de ne plus en sortir.
Dans ce monde plein de fantaisie, l’auteur ne manque pas cependant d’aborder des thèmes essentiels notamment le rapport entre le bien et le mal, la discrimination, l’art et la religion. Ce qui donne aussi du charme à l’œuvre de MIYAZAWA, c’est sa capacité à inventer des noms de personnes et de lieux, mais surtout à forger des onomatopées, lesquelles donnent du relief aux textes.
C’est bien là que réside la force des textes de MIYAZAWA. Pourtant, il a fallu attendre sa mort prématurée en 1933 à l’âge de 37 ans pour que la critique et le public découvrent son œuvre. Ses textes ont commencé à être publiés un an après sa mort. Aujourd’hui, les Japonais lui vouent un véritable culte. Reste aux Français à découvrir les contes qui figurent dans ce recueil et qui comptent parmi les premiers textes écrits par MIYAZAWA Kenji.

C.L.

Le Bureau des chats
de Miyazawa Kenji
trad. d’Elizabeth Suetsugu
Picquier, Arles, 1997, 82F