CINÉMA : HOMMAGE À KON SATOSHI, PRINCE DE L’ANIMATION

Passée un peu inaperçue dans les médias à cause de la mort proche d’Alain Corneau en France, la disparition à l’âge de 47 ans de Kon Satoshi, le 24 août dernier, d’un cancer du pancréas, est pourtant une véritable tragédie dans le monde foisonnant de l’animation japonaise. Depuis la génération de Miyazaki et de Takahata, peu de cinéastes d’animation ont fait preuve d’une créativité aussi exubérante que Kon Satoshi. En seulement cinq longs métrages d’animation pour le cinéma  (Perfect Blue, Millenium actress, Tokyo Godfathers, Paprika et The Dreaming machine, son dernier film inachevé), et quelques brillants episodes pour la télévision (Paranoia Agent), il a marqué de son empreinte indélébile l’univers pourtant très riche du dessin animé made in Japan. Né en 1963 à Kushiro (Hokkaido), Kon Satoshi avait debuté dans l’animation avec son grand aîné Otomo Katsuhiro, en travaillant sur le scénario de World Apartment Horror (1991). Il a fait ses débuts dans l’industrie de l’animation comme dessinateur artistique pour Rojin Z (1991), avec Otomo. Influencé par ce dernier, il a été scénariste de Magnetic Rose, un épisode du magnifique Memories signé par Otomo en 1995. Il a réalisé son premier film  en 1997-98 avec Perfect Blue, une œuvre vidéo qui s’est transformée en film à part entière en cours de production. Librement inspiré d’un roman de Takeuchi Yoshikazu, Perfect Blue est un polar étrange situé dans le monde trouble des “idoles”. On y décèle déjà le sens du fantastique et des (dé)constructions mentales qui vont marquer les films suivants de Kon Satoshi pour la société de production Studio Madhouse. Millenium Actress (Sennen Joyu, 2001), plus abouti dans sa forme, est un stupéfiant puzzle construit à partir d’une enquête de deux journalistes sur le passé mystérieux d’une actrice du cinéma muet, dont ils pénètrent les circonvolutions mentales, imaginaires ou non.
Deux ans plus tard, il reprend à son compte le thème de Three Godfathers de John Ford (1948) avec Tokyo Godfathers, une plongée étonnante dans le Tokyo des clochards miraculeux et des nouveaux riches puants. Après plusieurs épisodes de la série TV  Paranoia Agent  (2004), il signe Paprika (2006) dont il est aussi le scénariste. Ce long métrage fascine et déroute dans un éblouissant kaléidoscope qui donne le vertige. Kon Satoshi y donne libre cours à un maelstrom d’expérimentations visuelles inédites qui donnent le vertige.  Son dernier film, The Dreaming machine, était en post-production au moment de sa mort. On espère le voir bientôt sur nos écrans ou en DVD.
Egalement auteur de divers manga, et d’un livre (Kon’s tone, the road to Millenium actress, 2002), Kon Satoshi, homme discret et secret, aura marqué de sa trace, brève mais intense, l’univers de l’animation contemporaine, en brouillant à plaisir, et avec génie, les limites toujours incertaines entre réalité et imaginaire. Retrouvez son œuvre unique et fascinante à travers les DVD disponibles de ses films.

Max Tessier


Réalisé en 2003, Tokyo Godfathers décrit le quotidien de trois clochards de la capitale qui partent à la recherche des parents de l’enfant qu’ils ont découvert le soir de Noël. Une belle histoire qui décrit avec force la société contemporaine japonaise.


Avec Paprika (2006), Kon Satoshi aborde de belle manière l’influence des images dans notre quotidien où il est parfois difficile de faire la différence entre rêve et réalité.


 

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