NOSTALGIE, QUAND TU LES TIENS


2006 marque l’entrée officielle dans l’âge de la retraite de la première génération des hommes et des femmes nés après la Seconde Guerre mondiale. Pas étonnant qu’ils soient nombreux à se replonger dans leur jeunesse.

La cérémonie annuelle de l’équivalent des Césars au Japon a couronné, cette année, le film Always Sanchôme no yûhi de Yamazaki Takashi qui raconte le destin de plusieurs personnages dans le Tokyo de la fin des années 1950. Cette période plus connue au Japon sous le nom de Shôwa 30 nendai fait l’objet depuis quelques mois d’un véritable culte pour des millions de Japonais qui se souviennent ainsi de leur jeunesse dans un pays en pleine ébullition. Certes les choses n’étaient pas faciles. Reparti de zéro après avoir tout perdu dans une guerre inutile qui avait fait des millions de victimes dans toute l’Asie, le pays du Soleil-levant s’est lancé dans une vaste course à la reconstruction avec la ferme volonté de retrouver un niveau de vie acceptable. En dépit d’une très lourde défaite qui a plongé le pays dans d’incroyables difficultés, la population n’a pas perdu l’espoir de s’en sortir. Dès octobre 1945, quelques semaines à peine après l’arrivée des troupes américaines sur le sol de l’Archipel, la chanson Ringo no uta (Les Pommes) est sur toutes les lèvres. “Si nous chantons tous ensemble, nous serons heureux”, dit le refrain qui traduit la volonté des Japonais à croire en des lendemains meilleurs. Servis par des circonstances inter-nationales favorables, le Japon prend le chemin de la reconstruction et de la croissance économique. La guerre de Corée, en juin 1950, donne un formidable coup d’accélérateur à l’économie nationale. Les carnets de commande se remplissent et la population est invitée à se retrousser les manches pour répondre à cette forte demande.
Les conditions de vie s’améliorent et les ménages nippons peuvent espérer détenir ce qu’ils ont simplement baptisé les trois trésors sacrés (sanshu no jingi) à savoir le réfrigérateur, le lave-linge et le téléviseur. Les premières émissions sont diffusées le 1er février 1953. On ne compte alors que 866 téléviseurs dans tout le pays. Mais qu’importe, chacun veut croire qu’il pourra bientôt suivre chez lui les exploits du lutteur d’origine coréenne Rikidôzan qui est à l’époque l’une des vedettes les plus populaires. Même si le coût d’un téléviseur est encore de 170 000 yens alors que le salaire moyen d’un cadre nippon s’élève à environ 10 000 yens, chacun sait que cet objet encore inaccessible fera son entrée dans le foyer. Dans les premières scènes du film Always Sanchôme no yûhi, on voit d’ailleurs les enfants manifester leur impatience, criant dans la rue “terebi, terebi, terebi” (télévision, télévision, télévision) à destination de leurs parents pour qu’enfin ils s’équipent de cet objet tant désiré.
Ce sont ces enfants qui aujourd’hui ont grandi et posent un regard nostalgique sur cette période qui a été particulièrement riche pour le pays. Les années 1955-1964 (Shôwa 30 nendai) ont constitué un tournant dans l’histoire du Japon et nombre de Japonais qui prennent actuellement leur retraite ont vécu cette époque à un âge où les souvenirs s’impriment durablement dans la mémoire. Et il est toujours agréable de se souvenir du bon vieux temps. 1955, c’est l’année où les deux principaux partis conservateurs, le Parti libéral et le Parti démocrate, fusionnent pour devenir le Parti libéral-démocrate (PLD) qui va dominer sans partage la vie politique nationale pendant près de quatre décennies, influençant de façon durable le Japon. Au cours des dix premières années du “règne” du PLD, l’une des mesures les plus importantes décidées par le gouvernement est de doubler en une décennie le revenu de la population afin de placer le Japon parmi les pays les plus développés de la planète. Cet objectif volontariste auquel l’ensemble de la population a adhéré a eu des effets à long terme considérables sur la société japonaise. A cette époque, les Japonais font encore beaucoup d’enfants. La famille, même si elle n’est plus celle que pouvait regretter Ozu Yasujirô dans ses films du début des années 1950, tient encore une place importante. Les villes n’ont pas encore explosé. La forte croissance économique induite par le volontarisme étatique n’a pas encore amené des millions de ruraux à quitter leur campagne pour s’entasser dans les banlieues des grandes cités comme Tokyo, contribuant ainsi à détruire le mode de fonctionnement des familles mais aussi des quartiers comme le décrit très bien Yamazaki Takashi.
Dès lors, on comprend mieux pourquoi les Japonais se montrent aussi attachés à ces années 1955-1964 qui s’achèvent par les Jeux olympiques de Tokyo en septembre 1964. A partir de cette date, le discours est différent à l’instar de ce qu’écrivait le romancier Kaikô Takeshi, en observant la création du réseau de routes suspendues à Tokyo pour les Jeux olympiques qui a défiguré de nombreux quartiers dont celui de Nihonbashi. “Est-ce que les gens qui traversent aujourd’hui le pont de Nihonbashi ont un sentiment de liberté ? Il n’y a plus ni ciel ni eau. A la place, il y a ces autoroutes et leurs ossatures d’acier d’où dégringolent des poussières noires.” A l’évidence, ce n’est pas de cela dont les Japonais sont aujourd’hui nostalgiques, mais du bien-être que symbolisait la décennie précédente. Claude Leblanc

Symbole

Parmi tous les symboles de cette époque chérie par un nombre croissant de Japonais, Tôkyô Tawâ (La Tour de Tokyo) est sans doute celui qui s’impose en premier. Cet édifice de plus de 300 mètres de haut a longtemps dominé la capitale nippone, captant le regard des habitants et des visiteurs qui pouvaient y monter pour avoir un panorama sur le reste de la ville en pleine effervescence. C’est le 23 décembre 1958 que la Tour a été officiellement ouverte. Au cours de l’année qui a suivi son inauguration, plus de 5 millions de personnes sont venues admirer cette réalisation métallique qui attire encore aujourd’hui beaucoup de monde.

 


Rencontre avec : Kushima Tsutomu, écrivain et historien
 Celui
qui édite sa propre revue intitulée Nichiyô Kenkyûka (Le Chercheur du dimanche) s’intéresse depuis plusieurs années à la nostalgie que les Japonais entretiennent à l’égard des années 1955-1964. Il anime aussi un site Internet sur lequel il revient régulièrement sur ce qui a marqué la mémoire collective japonaise. Il nous livre ses réflexions sur cette période et ce phénomène.

Depuis plusieurs mois, la presse et la télévision japonaises multiplient les articles et les émissions autour des années 1955-1964. Comment expliquez-vous cet intérêt médiatique ?
K. T. : Je
crois que l’on peut analyser cette tendance de deux façons. Tout
d’abord, cela répond à un souci de marketing qui s’appuie sur l’intérêt
qu’une partie de l’opinion publique japonaise manifeste à l’égard de
cette période. Un grand nombre de décideurs dans les médias appartient
à la génération née durant cette période. Il est donc normal qu’ils
soutiennent des progammes ou des reportages qui portent sur une époque
qu’ils ont eux-mêmes connue et à laquelle ils peuvent s’identifier. Ils
n’ont donc aucun mal à diffuser des contenus liés à cette période de
l’histoire contemporaine du Japon. Il faut aussi comprendre que la
plupart des personnes qui manifestent un intérêt pour cette époque sont
des hommes. Ils ont été au cours des dernières années un peu dépassés
par la “génération otaku” qui les considère comme un peu dépassés. En
montrant que la plupart des jouets, des mangas et des produits que les
jeunes d’aujourd’hui consomment trouvent leurs racines dans les années
1950-1960, ils reprennent d’une certaine façon la main. Enfin il ne
faut pas négliger le facteur démographique. Actuellement le Japon
connaît une grave crise à ce niveau. Il y a de moins en moins
d’enfants. En revanche, les retraités sont plus nombreux. Ce sont eux
qui ont connu cette période faste pour le Japon et il est évident
qu’ils ont très envie de la revivre aujourd’hui au travers de
programmes ou d’articles.
A cela s’ajoute aussi le fait que
l’époque actuelle est bien plus difficile à vivre que les années
1950-1960. Aujourd’hui beaucoup de Japonais ressentent une certaine
crainte à l’égard de l’avenir. La société n’offre plus les mêmes
espoirs que par le passé et bon nombre de personnes, y compris les
jeunes, ont bien du mal à se projeter dans le futur. Aussi cela leur
fait du bien de se retourner vers le passé et de repenser à une période
de l’histoire où l’avenir était bien plus rose qu’aujourd’hui. Les
Japonais n’ont pas non plus beaucoup d’autre choix en matière de passé
heureux à revendiquer. La Seconde Guerre mondiale n’a pas laissé de
traces particulièrement glorieuses et les années qui ont précédé ce
conflit ne sont guère réjouissantes dans la mesure où elles ont été
particulièrement agitées. Finalement les Shôwa 30 nendai (1955-1964)
apparaissent pour beaucoup comme l’un des moments les plus heureux du
Japon d’après-guerre. On peut se demander cependant si cette tendance
n’est pas trop superficielle et ne relève pas du simple effet de mode
comme pour d’autres phénomènes. Je crois, pour ma part, qu’il est
intéressant de prendre le temps de se pencher sur ce passé à un moment
où le Japon entre dans le XXIe siècle afin de mieux se prépaper à
l’affronter.Peut-on
alors vraiment parler de nostalgie à l’égard du “bon vieux temps” ou
n’avons-nous affaire qu’à une foire commerciale destinée à favoriser la
relance de la consommation ?
K. T. : Je ne sais pas si
l’on peut vraiment parler de “bon vieux temps” dans le mesure où la
plupart des Japonais ne disposaient pas d’un niveau de vie élevé, où
les discriminations étaient encore nombreuses et où bon nombre de
jeunes ne pouvaient pas poursuivre d’études supérieures. Si l’on ajoute
que c’est l’époque où sont apparues les autoroutes et où l’on a abattu
à tour de bras les forêts du pays pour permettre aux salariés japonais
d’avoir leur maison avec jardin, on ne comprend pas la notion de “bon
vieux temps”. A l’époque ces changements étaient perçus comme positifs
par une grande partie de la population. Avec le recul, on porte
évidemment un regard différent. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est
que nous vivons dans des villes où il n’existe aucune relation ou
presque entre les individus. Nous rejetons ce présent et nous nous
réfugions dans ce passé proche dont nous oublions qu’il est à l’origine
de nos problèmes actuels. C’est tout le paradoxe de notre nostalgie
pour les années 1955-1964. Il n’est pas rare d’entendre des personnes
dire qu’avant “les enfants pouvaient jouer en toute sécurité dans la
rue”. Ce sont les mêmes qui regrettent les boutiques des rues
commerçantes des centre-villes qu’ils ont pourtant délaissées pour les
supérettes ouvertes 24h sur 24h et les supermarchés qui se sont
multipliés en périphérie des villes. Voilà pourquoi je crois que cet
attachement aux années 1950 me semble un peu suspect. Le soleil qui se
couche avec la Tour de Tokyo en toile de fond, la silhouette du
montreur de kamishibai (théâtre de papier) qu’il a installé sur le
porte-bagage de sa bicyclette appartiennent bien sûr à l’idée que l’on
peut se faire du “bon vieux temps”, mais c’est surtout un bon argument
de vente pour les agences de publicité. D’ailleurs il est important
pour elles de coller à cette nostalgie et de l’entretenir. C’est
économiquement nécessaire. Je crois qu’on a vraiment tendance à vouloir
trop embellir cette période et ainsi induire en erreur des générations
qui ne l’ont pas connue. Ce qui m’amène à dire que cette nostalgie
relève davantage de l’émotionnel que de l’historique.

 

On dit que les années 1950-1960 étaient porteuses d’espoir alors que l’époque actuelle n’en offre aucun. Qu’en pensez-vous ?
K.
T. : C’était une époque où tout était en friche et où il y avait
beaucoup à faire. Il n’était pas très difficile de connaître une
promotion sociale et un certain enrichissement grâce à son travail et à
ses idées. Actuellement c’est beaucoup plus difficile. Les terrains à
exploiter sont plus réduits. Et il n’est pas facile de faire son trou
sans participer au système qui privilégie désormais le CV sur l’esprit
d’initiative.

Quels sont les objets qui symbolisent le mieux la nostalgie des Japonais pour les Shôwa 30 nendai ?
K.
T. : Etant donné que le goût des Japonais s’est beaucoup diversifié
avec le temps, il n’est pas facile de répondre à cette question
d’autant qu’il faut souvent associer un objet à une expérience
personnelle. C’est pourquoi on trouve toute sorte d’objets issus de
cette période susceptibles de répondre aux attentes nostalgiques des
consommateurs. Mais s’il faut en citer quelques uns, je dirais que la
Tour de Tokyo ou encore les tramways figurent en bonne place dans le
palmarès de la nostalgie liée à ces années qui intéressent tant nos
contemporains actuellement.
Propos recueillis par Claude Leblanc


 

 

 


Le Japon renouvelle ses images
Si les premières émissions de télévision ne démarrent qu’en 1953, le véritable essor du petit écran ne se produit qu’à partir de la fin des années 1950. Mais son influence est  extraordinaire.

Printemps 1959. Ils sont des millions de Japonais à suivre le mariage
du prince héritier dont la parade nuptiale dans les rues de Tokyo est
retransmise en direct par la chaîne publique NHK. Il y a à l’époque 2
millions de téléviseurs dans le pays. Un chiffre encore modeste qui
sera multiplié par dix cinq ans plus tard lorsque les Jeux olympiques
seront organisés dans la capitale japonaise. Pour permettre à ceux qui
n’ont pas encore la possibilité de s’offrir cet objet de luxe,
équivalent à environ quinze mois d’un salaire moyen, les chaînes de
télévision, qui se sont créées tout au long de la décennie, ont
installé dans de nombreux lieux de passage des téléviseurs afin que les
passants découvrent la magie du petit écran. Très vite, le téléviseur
devient un objet de désir pour lequel les Japonais commencent à
économiser. Les fabricants mettent sur le marché des appareils de moins
en moins chers et petit à petit, les foyers nippons s’équipent.
L’intrusion du téléviseur a bien entendu de nombreux effets. Comme dans
d’autres pays où le petit écran fait sont apparition, le cinéma est la
première victime. Le cinéma japonais qui a connu son âge d’or au cours
des années 1950 n’est pas épargné. En 1958, l’Archipel compte 7 457
salles obscures et plus d’un milliard de spectateurs s’y rendent chaque
année pour découvrir les chefs-d’œuvre de Kurosawa Akira, de Mizoguchi
Kenji et les films plus populaires d’un Oba Hideo ou d’un Honda
Inoshirô. Les grands studios japonais dominent le marché dans la mesure
où les films étrangers sont encore soumis à des quotas de distribution.
Ils peuvent encore faire la loi. Mais la télévision va contribuer à les
affaiblir et à remettre en question leur position de force. En 1956, un
conflit oppose les chaînes de télévision à la puissante Fédération
japonaise de cinéma constituée des principaux studios. Cette dernière
réduit de façon drastique le nombre de films vendus aux chaînes et
limite aussi la participation des acteurs aux productions
télévisuelles, obligeant les chaînes à se tourner vers des programmes
étrangers, en l’occurrence américains. Rintintin, Superman, Lassie ou
encore I love Lucy font désormais partie intégrante du quotidien de
millions de Japonais. A la différence du cinéma, la télévision devient
une lucarne sur le monde et l’on comprend mieux pourquoi elle suscite
tant d’intérêt au sein de la population. En 1963, la première
retransmission par satellite permet aux Japonais de vivre en direct les
suites de l’attentat qui a coûté la vie au président américain John
Kennedy. La distribution de films étrangers ne sera plus entravée qu’à
partir de 1964. Mais il est déjà trop tard. Le petit écran a réussi à
mobiliser l’attention de toute la famille. Les femmes au foyer ont
leurs émissions. Les enfants peuvent, depuis 1955, apprécier les
aventures de Popeye avant de découvrir en 1963 celle d’un héros
japonais qui reste encore aujourd’hui l’un des plus appréciés Tetsuwan
Atomu (Astro le petit robot). Enfin les pères de famille se détendent
devant les exploits du lutteur Rikidôzan et les matchs de base-ball. La
famille se rassemble alors derrière le téléviseur et rêve ensemble d’un
avenir radieux. C. L.En 1952, Matsushita sous sa marque National met sur le marché son premier téléviseur


La liberté à quatre roues L’automobile
reste encore dans les années 1950 un objet inaccessible pour la plupart
des Japonais, mais elle est déjà dans toutes les têtes.

Si l’on observe les clichés représentant la ville de Tokyo dans les
premières années de la décennie Shôwa 30 nendai (1955-1964), on
constate que la voiture est plutôt discrète. Nous sommes bien loin des
images qui ont depuis fait le tour du monde montrant des rues, des
autoroutes à plusieurs niveaux surchargées de véhicules. Pourtant c’est
l’époque où l’on prépare les Japonais à s’imaginer au volant d’une
voiture. En 1955, le gouvernement japonais lance son “Projet de voiture
populaire” (kokuminsha kôsô) dont l’objectif est d’encourager la
production d’un véhicule léger pouvant transporter au moins quatre
personnes et ne consommer qu’un litre aux 30 kilomètres à la vitesse
moyenne de 60 km/h, le tout pour un coût ne dépassant pas les 250 000
yens (une fortune pour la plupart des Japonais dont le salaire n’était
que de quelques milliers de yens). Les constructeurs ont néanmoins
décidé de relever le défi et ont développé chacun de leur côté des
véhicules répondant à ces critères. Même si cela n’a pas abouti
immédiatement, en 1958, Subaru a sorti son modèle baptisé 360. Toyota
l’avait précédé un an plus tôt avec la Corona qui restait cependant
trop chère pour la moyenne des Japonais. Ce n’est plus qu’une question
de temps. La voiture est désormais dans la ligne de mire des
consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à passer leur permis de
conduire. Ils sont des millions à parler de My Car (Ma voiture),
expression qui fait fureur à partir de 1964. A l’époque, on ne compte
que 370 000 véhicules individuels. Un an plus tard, il y en aura un
million. C.L.

45 cv pour 5 personnes annonce cette publicité pour la Toyota Corona de 1959

Le temps des nouveaux héros
A
la différence d’autres pays qui ont pu fêter leurs héros de la guerre,
le Japon a dû s’inventer de nouveaux personnages héroïques qui vont
peupler l’imaginaire collectif.

Tandis que les
Américains peuvent s’identifier à tous leurs soldats qui se sont battus
pour la liberté et à une multitude de super héros qui ont à leur
manière accompagné le pays pendant la guerre, les Japonais n’ont guère
de héros à leur disposition lorsque le conflit prend fin. Il vont
attendre 1958 et l’apparition de Gekkô Kamen (Masque de lune),
personnage principal de la série éponyme diffusée sur la chaîne TBS.
“On ne sait pas qui il est et d’où il vient, mais tout le monde le
connaît”, dit le refrain de la chanson du générique que tout le monde
connaît. Celui qui s’attaque aux méchants devient la référence pour des
millions d’enfants qui se déguisent en se mettant un foulard blanc sur
la tête et en portant des lunettes de soleil. Après Gekkô Kamen,
d’autres héros font faire leur apparition, répondant ainsi à un besoin
de la jeunesse de trouver des modèles susceptibles de leur montrer la
bonne voie à suivre. Nombre d’entre eux appartiennent à l’univers de la
science-fiction à l’instar de Tetsuwan Atomu (Astro le petit robot)
dont les premiers épisodes sont proposés par Fuji TV à partir de
janvier 1963. Ce personnage made in Japan sera aussi le premier à être
exporté. C. L.

En janvier 1963, Tetsuwan Atomu (Astro le petit robot) fait son apparition sur les petits écrans.

 

 

 


 

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