LES QUOTIDIENS EN BALLOTTAGE

Les Japonais lisent beaucoup, mais le support papier du journal quotidien ne fait apparemment plus recette. Bien que les cinq grands quotidiens ne soient pas trop affectés par ce phénomène, on est en passe de parler d’une crise de la presse, d’une crise du lectorat. Il semblerait que sur le terrain du leadership ce soit les nouveaux médias qui leur dament le pion: premiers sur la liste, Internet et le portable sur lesquels on surfe de plus en plus, à partir desquels on suit le journal télévisé. Au-delà de la multiplicité des moyens d’accéder à l’information, c’est la qualité même des informations des quotidiens qui serait remise en cause par le lectorat qui se dirige vers des sources moins frileuses. «C’est une crise de confiance, de nombreux lecteurs sont devenus plus exigeants, la grande presse leur semble trop uniforme», explique le journaliste indépendant Ishii Shimpei. L’analyse de Hanabusa Reiko, journaliste à l’hebdomadaire Shukan Gendai, réputé pour ses dénonciations d’affaires, est la suivante, «les quotidiens écrivent très peu sur les affaires et les scandales. Ils ont peur (…). Ils attendent, ils enquêtent à peine. Or, avec Internet, le public a accès aux médias d’opinion». Un remaniement de la charte des journalistes est prévue en vue de «diversifier l’information et de mieux intégrer les nouvelles technologies». L’Asahi Shimbun qui a peur d’une chute drastique des publications dans un futur très proche, prend les devants au niveau du rédactionnel, du site web et le nouveau IHT Asahi connaît un vif succès (une collaboration avec l’International Herald Tribune). En attendant, le classique marketing direct tente d’infléchir la tendance en allant chercher le client, ça ne suffira peut-être pas…

Michel Temman, «La presse nippone en proie au doute», Libération, 29/05/2003
SRAS, RIEN A SIGNALER ?
Le Japon a peur du SRAS, sur un plan humain, bien sûr (la mise en place de mesures sanitaires reste cependant lente) mais c’est aussi son impact sur le moral des entrepreneurs qui est à craindre. En effet, la Chine, grand partenaire économique, fait soudain très peur. Beaucoup d’usines japonaises ont été délocalisées en Chine où le virus se propage. L’arrêt de ces unités bloquerait la chaîne globale de production, ce qui serait catastrophique. Pour y palier, certains grands noms comme Sharp ou Ricoh souhaitent pousser leur production afin de la stocker et si le virus s’installait, redélocaliser leurs usines dans des zones asiatiques moins touchées. Par ailleurs, la position chinoise par rapport à la diffusion de l’information sur cette maladie contagieuse a quelque peu ébranlé la confiance des investisseurs japonais envers les autorités chinoises qui ont manqué de transparence.

Philippe Pons, «Le Japon, épargné, s’inquiète des répercussions», Le Monde, 11-12/05/03.
Arnaud Rodier, «Japon : les réformes s’enlisent»,
Le Figaro économie, 28/05/03.
PEINE CAPITALE
C’est par pendaison que les condamnés à mort sont exécutés au Japon, et c’est ce que risque Asahara Shoko, gourou de la secte Aum Shinrikyo responsable de 17 décès, notamment par l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en mars 1995. Les mouvements contre la peine capitale existent au Japon, mais face à des actes si traumatisants pour l’opinion publique, leur voix n’a que peu d’écho. Malgré les dépôts de projets de loi pour abolir la peine capitale, les exécutions sont maintenues. Le rapport de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme) souligne la dureté des conditions de détention : les 56 condamnés au Japon attendent indéfiniment le jour de leur exécution et en sont avisés sans délai, sans annonce préalable à la famille. Ces conditions sont jugées archaïques et «indignes d’une démocratie moderne». D’autres aspects du système judiciaire japonais sont montrés du doigt dans ce rapport, comme des aveux trop souvent forcés, des procès qui s’écartent des normes de la FIDH et des lenteurs extrêmes de procédures. Asahara Shoko devrait être condamné début 2004, huit ans après les faits.

Philippe Pons, «Au Japon, la peine de mort reste populaire», Le Monde, 25/05/03
TVA, Tout Va Augmenter…
Touché par la déflation, le Japon voit le bénéfice de ses entreprises s’évanouir. Les banques qui font enfin face au poids des créances douteuses ne sont pas en reste. Mais l’ingérence de l’Etat dans les comptes des grandes banques n’est pas toujours évitable comme l’a montré le sauvetage de Resona, cinquième trust bancaire du pays, (première banque régionale) par une intervention du gouverneur de la banque du Japon, Fukui Toshihiko, sur feu vert du Premier ministre, en mai dernier. Recapitalisation, qui est une quasi-nationalisation de la banque et qui permet d’éviter une crise financiaire. Ces renflouements coûtent à l’Etat qui cherche de nouveaux financements et une augmentation de la TVA (mesure hautement impopulaire) est envisagée. Le Premier ministre qui entre dans sa troisième année de mandat surprend en estimant que «les choses commencent à bouger» malgré la déflation, le chômage, un PIB plat, etc. mais s’il augmentait la TVA à l’automne alors qu’il avait promis de la maintenir à 5 %, c’est sa cote de popularité qui s’effondrerait définitivement.
Arnaud Rodier, «Japon : les réformes s’enlisent»,
Le Figaro économie, 28/05/03.
Jennifer Pocart
Jennifer Pocart

 

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