GEOPOLITIQUE


Mardi 17 septembre le premier ministre japonais, KOIZUMI Junichiro s’est rendu en Corée du Nord afin d’entamer un dialogue avec le leader communiste Kim-Jong-il. D’abord, les excuses publiques et les remords du premier ministre pour l’occupation de la Corée entre 1910 et 1945. Elles seront par la suite accompagnées de quelques milliards de dollars en guise de réparations liées à l’occupation. Dans ce rapprochement le Japon veut éclaircir un dossier des plus douloureux : la disparition de 11 ressortissants japonais entre 1970 et 1980, qui auraient été enlevés par des Nord-Coréens à des fins d’espionnage. La RPDC (République populaire démocratique de Corée) a reconnu ces actes, les mettant sur le compte de militaires coréens incontrôlables qui auraient été punis pour ces crimes. Kim-Jong-il a demandé pardon au peuple japonais. En juin 2000, les deux Corée avaient repris le dialogue et aujourd’hui c’est au tour du Japon de se tourner vers la péninsule. Si le contexte international l’accule à ces mouvements, Pyongyang trouve aujourd’hui de réels avantages à quitter le créneau de la menace et de l’autarcie. L’économie de marché amorcée depuis 2000 a beaucoup de mal à décoller après la dévaluation du won et la libéralisation des prix et des salaires. La population reste affamée. Les financements possibles grâce à l’indemnité d’occupation du Japon serait une façon de redonner un souffle au système, de réparer les infrastructures vétustes et de développer le réseau ferroviaire vers la Corée du Sud. Mais ce qui plane sur la RPDC est l’ombre américaine qui menace tous les pays assimilés à «l’axe du Mal», se lier avec le Japon et renouer avec la Corée du Sud lui permettrait de se faire oublier de Washington, pour l’instant occupée par le dossier irakien. Ainsi, plus aucun navire nord-coréen ne mouillerait dans les eaux territoriales japonaises et le moratoire des tests de missiles serait prolongé au-delà de 2003. Peut-être que les autorités laisseront l’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) inspecter les installations nucléaires du pays. Le Japon se retrouve l’intermédaire entre Kim-Jong-il et G.W.Bush et manœuvre pour une zone asiatique puissante qui ne serait pas minée par des régimes rétrogrades, économiquement pénalisants et agitant la menace nucléaire. Les enjeux sont lourds et leur réalisation passe par des situations qui semblent inégales : après les aveux des meurtres et des enlèvements des citoyens japonais par la RPDC, le peuple japonais se sent trahi de devoir aujourd’hui considérer la Corée du Nord comme partenaire économique comme le veut KOIZUMI. La Corée du Nord, elle, semble tirer son épingle du jeu en récoltant des fonds et des soutiens qu’elle a toujours rejetés au nom du stalinisme. Des rapports de force peut naître l’harmonie, patience et longueur de temps…
Philippe Pons, «La visite «historique» d’un premier ministre japonais en Corée du Nord tourne à l’avantage de Pyongyang», Le Monde, 18/09/02.
Régis Arnaud, «Tokyo amorce sa normalisation avec la Corée du Nord», Le Figaro, 18/09/02.
Philippe Pons, «Le Japon et la Corée du Nord vont négocier une normalisation de leurs relations», Le Monde, 19/09/02.
Philippe Pons, «Corée du Nord-Japon : dialogue à risques», Le Monde, 24/09/02.
UN TICKET POUR LA FIFA
Qui peut oublier les stades aux rangées entières de sièges vides lors de la coupe du Monde de football 2002 coorganisée au Japon et en Corée du Sud il y a quatre mois? Sûrement pas les fans japonais qui n’ont pas pu acheter de tickets pour cause de saturations des site web de vente, d’explosions de standards téléphoniques aux servics réservation. La Fifa (Fédération Internationale de Football Association) va devoir dédommager le comité d’organisation japonais (Jawoc) et sud-coréen (Kowoc). Un rapport d’audit Ernst et Young a clairement énoncé que les places non vendues n’avaient simplement pas été mises sur le marché. Byrom, la filiale de la Fifa en charge de gérer les achats des billets, a voulu garder le monopole de la gestion de la billeterie mais la logistique n’a pas suivi. Le Jawoc récoltera un demi million d’euros de la Fifa. Sur ce coup là, on n’a pas non plus été les champions.
Richard Werly, «Billeterie du Mondial 2002 : la Fifa plaide coupable» , Libération, 27/09/02.
TRANSFERT DE FONDS
Leçon d’économie : d’abord stimuler la bourse pour redonner confiance aux investisseurs, développer les bénéfices, permettre ainsi la consommation, et l’économie repart. Oui, mais c’est de l’argent public que KOIZUMU Junichiro, premier ministre du Japon, veut injecter dans les marchés privés pour stimuler l’indice Nikkei (et renflouer les banques). Fonds de pension et fonds d’assurance postaux seraient utilisés. C’est un pari risqué et une démarche très interventionniste dans un système dit libéral, mais il semblerait qu’aujourd’hui les solutions soient assez limitées pour sortir les banques de l’ornière des créances douteuses. On ne pourra pas reprocher au premier ministre d’être statique, au contraire il a prévu dans la foulée une réduction d’impôt de plus de 8 millions d’euros pour le budget 2003. La relance de l’économie est en route cette fois !

Jean-Pierre Robin, «Les banques japonaises, victimes expiatoires de la crise mondiale», Le Figaro économie, 21/09/02.
Arnaud Rodier, «Vers un renflouement des banques japonaises», Le Figaro économie, 01/10/02.

Jennifer Pocart

 

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