Ça y est, le Mondial c’est fini.

Ça y est, le Mondial c’est fini. Des milliers de touristes sont venus au Japon pour la première fois, clichés plein la tête et en sont certainement repartis surpris, déçus, amoureux, émerveillés mais sûrement pas blasés. De l’extérieur, on parle du Japon “au bord du gouffre”, mais sur place, le touriste aura du mal à y croire, les grandes villes offrent tant de luxe, de choix, de services et d’abondance. Cependant, en s’ap-prochant de cette façade, on s’aperçoit qu’elle est lézardée. Osaka est la ville qui abrite le plus de sans-abris. Ceux-là n’ont rien vu de la Coupe du Monde et les touristes ne les auront certainement pas aperçus non plus. Ces sans-abris, quelques 3000 à Osaka, sont souvent des hommes qui ont la cinquantaine et qui finalement ne connaissent que très peu le football : c’est la base-ball le sport de leur jeunesse. Un an avant le Mondial, les autorités ont commencé à les regrouper sous des tentes. Ils ont peu de travail pendant l’année et ce n’est malheu-reusement pas les matches à Osaka qui leur en ont donné. Le Japon qui avait la réputation d’être un pays sûr, commence à l’être un peu moins même si les chiffres n’ont rien de comparable avec ceux des autres pays industrialisés. L’hebdomadaire Aera a consacré un reportage à la criminalité japonaise qui a augmenté ces 5 dernières années et à la situation dans les prisons nippones. Leur taux d’occupation est passé de 83% à 110% en moyenne, la situation est devenue tout aussi pénible dans les six prisons pour femmes. “Aux Etats-Unis, on dit que les violences se manifestent à partir d’un taux de 120%” dit un gardien dans l’hebdomadaire. Il y aurait maintenant au Japon davantage de cambriolages et de vols à main armée (moins de meutres et de viols), une condamnation plus sévère des dealers et plus de délits commis par les étrangers (40% d’origine chinoise). Osaka con-naîtrait maintenant un taux de criminalité supérieur à celui de Tokyo. Après le Mondial, c’est l’autre réalité.Philippe Pons, “Prisons nippones, elles aussi surpeuplées”, Le monde, 7/06/02.
Richard Werly, “Ces étrangers sous nos fenêtres”, Libération, 10/06/02.
Philippe Pons, “Au Japon, la crise n’est pas ce que l’on croit”, Le monde , 19/06/02.
Brice Pedroletti, “L’indifférence des oubliés du Mondial”, Le monde, 25/06/02.

FFF, YOKOHAMA, 2002
Le Festival du Film Français de Yokohama, organisé par Unifrance du 19 au 23 juin, a fêté ses 10 ans cette année, avec Jeanne Moreau pour présidente. 2001-2002 a été un excellent cru pour les films français au Japon : 2,5% de part de marché, le double par rapport à il y a quelques années. Dans ce festival se côtoient films d’auteurs et grosses productions, c’est une véritable foire commerciale. Pour la deuxième fois, ce festival a été couplé avec celui de Séoul où, là aussi les productions françaises sont de mieux en mieux accueillies. Petit à petit, c’est dans toute l’Asie que le film français va tisser sa toile : nous en sommes à 12 millions de spectateurs. Pas si mal. Mais quel cinéma? Les films grand public sont de plus en plus sortis à grande échelle (Yamakasi, Vidocq, Wasabi, Le pacte des loups…) alors qu’avant les productions françaises étaient visibles en “mini-theaters”, sorte de salles indépendantes qui ciblent leur public. “Le fabuleux destin d’Amélie Poulain” a commencé ainsi pour exploser dans les grands circuits. Parfois, il semble que le label “français” ne paie pas, comme pour “Les rivières pourpres” où l’on a mis en avant les scènes à l’américaine en minimisant l’origine française…
Devant la diversité des films distribués et ceux à venir (Huit femmes, Astérix, Le boulet…), les Japonais comprendront bientôt que le label “film français” ne signifie plus le cinéma nébuleux, opaque, sérieux et sélect qu’il a longtemps été. Vive le festival !Brice Pedroletti, “Le festival du film français de Yokohama confirme l’ouverture de l’Asie à ce marché”, Le monde, 26/06/02.
Richard Werly, “‘J’ai l’âme japonaise’ Jeanne Moreau a présidé le festival de Yokohama”, Libération, 26/06/02.SUPER ORDI
Vous connaissez Earth Simulator? Non? Ce simulateur terrestre est né à Kanazawa-ku, près du port de Yokohama. NEC est le papa de ce cerveau monstrueux qui coûte 400 millions de dollars. Il est unique, c’est tout simplement l’ordinateur le plus puissant du monde : il réalise en 1 minute le travail de dizaines de milliers de PC. Inutile de dire que la taille de cet ordi est de celle d’un bâtiment (2800 km de câble,…) Missions : civile, absolument pas militaire (la Constitution du Japon l’interdit) : recréer une Terre virtuelle, la décoder, la comprendre. Produire les variations de la température des océans, la tectonique des plaques, simuler les évolutions de la croûte terrestre et des courants marins. Après Earth Simulator, la climatologie ne sera plus jamais la même. A suivre…

Richard Werly, “Vivre au XXIe siècle”, Libération, 09/06/02.

Jennifer Pocart