Voyage / Nebuta et Neputa

Le septième jour du septième mois du calendrier lunaire (ce qui correspond désormais au 7 août) est un jour très attendu pour Vega la tisseuse et Altaïr le berger. Ces deux étoiles amoureuses mais aux destins contrariés ne peuvent en effet se rencontrer qu’au cours de cette nuit-là, une seule fois par an. Au Japon, cette légende est célébrée chaque année le 7 août sous le nom de Tanabata. Sendai s’enorgueillit même d’une fête, “Tanabata Matsuri”, uniquement dédiée aux deux étoiles malheureuses. Mais la capitale de la préfecture de Miyagi n’a pas l’exclusivité du Tanabata. Aomori, Hirosaki et d’autres villes du nord du Japon fêtent tout aussi énergiquement les retrouvailles des deux étoiles, sous des formes qui leur sont propres. Ce sont, entre autres, les Nebuta Matsuri.
“Rassera, Rassera, Rasse-Rasse Rassera”: avant même d’apercevoir les gigantesques chars, le grondement joyeux de la foule qui accompagne les “Nebuta” et leurs effigies colorées éclairées de l’intérieur résonne dans tout le centre-ville d’Aomori. Quel est donc le plus impressionnant? 2000 “Haneto” dansant vigoureusement et scandant le cri de ralliement de la fête autour de leur “Nebuta”, ou bien le char lui-même, flamboyant de lumière et imposant de taille. Qu’importe car Haneto et Nebuta ne se conçoivent pas les uns sans les autres, ils contribuent également à faire de la Nebuta Matsuri de Aomori l’une des plus belles fêtes du Japon.
A Aomori, un “Nebuta” est une immense figurine de papier Japon montée sur une armature en fil de fer. Chaque Nebuta mesure 9 mètres de large, pour 7 mètres de profondeur et 5 mètres de haut. Sa construction nécessite les efforts quotidiens d’une vingtaine de personnes pendant 3 mois. Conçus pour parcourir les grandes artères de la ville à la nuit tombée, ils contiennent chacun plus de 800 ampoules électriques éclairant l’imposante figurine de l’intérieur.
Chaque année entre le 2 et le 7 août, environ 25 “Nebuta” défilent chaque soir dans les rues de la ville, rassemblant plus de 50.000 participants et quelques 3 millions et demi de touristes. Plusieurs centaines de jeunes voyous, les “Karasu Haneto” (Haneto Corbeaux), qui tirent leur surnom de leur accoutrement strictement noir, tentent pour leur part de perturber la fête, mais la police les tient fermement à l’œil, les empêchant de semer le trouble. Leur présence rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, les parades de Nebuta étaient prétextes à d’impressionnantes bagarres de quartier où l’on n’hésitait pas à tenter de déchirer les Nebuta concurrents à coups de pierre dans les frèles parois de papier.
Chaque région du Japon conserve des rites liés aux saisons et à l’agriculture. Lorsque les journées rallongent et que la chaleur estivale assomme le jour même les plus valeureux et la nuit empêche tout le monde de dormir, les cérémonies “Nemuri Nagashi” ont pour but de laisser couler au fil de l’eau les mauvais sommeils, les esprits malveillants et les épidémies malsaines. L’expression “Nemutai – J’ai sommeil” était elle aussi sur toutes les bouches des habitants de Aomori. C’est dans l’espoir de réveiller les cerveaux assoupis que fut créé la “Nebuta (déformation de “Nemutai”) Matsuri” au terme de laquelle mauvais esprits et langueur sont jetés à la mer. Au dernier jour de la fête, le 7 août au soir, les “Nebuta” sont donc rituellement mis à l’eau tandis qu’un feu d’artifice clôture cette semaine de folie.
Alors que la “Nebuta Matsuri” d’Aomori bat son plein, à 40 kilomètres de là Hirosaki célèbre sa Neputa Matsuri. Il y a bien plus qu’une lettre de différence entre ces deux manifestations. Plus de figurines montées sur fil de fer mais d’énormes structures en forme d’éventail, richement décorées sur chaque face et bien entendu éclairées elles aussi de l’intérieur. Sur la face avant, des scènes guerrières rappellent que ces processions servaient autrefois à remonter le moral des troupes, tandis que la face arrière présente elle des figures féminines tirées de la tradition populaire chinoise ou japonaise.
Après Hirosaki, Goshogawara, qui a remis au goût du jour les “Tachi-Neputa” où “Neputa Debouts” qui mesurent pas moins de 22 mètres de haut. Si c’est déjà une chose que de le concevoir intellectuel-lement, c’en est une autre de se retrouver juste en dessous de ce colossal personnage dont les genoux sont à la même hauteur que la cîme des poteaux électriques. Pesant 16 tonnes, entrelacé par 350 mètres de fils électriques ce monstre défile d’un pas de sénateur dans les rues de la petite ville, imposant le respect sur son passage.
Abandonnés dans les années 1910 à cause de l’électrification des rues qui les rendaient indéplaçables, les “Tachi-Neputa” ont été réintroduits seulement depuis 1998. Ils valent le déplacement…
Etienne Barral








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