Cinema nippon tous azimuts (2)

Quoiqu’un peu moins forte, l’avalanche de films japonais continue de débouler sur nos écrans.
Le troisième film distribué du “petit génie” Kurosawa Kiyoshi sort finalement:
Licence to live, tourné entre Cure et Charisma, est une fable un peu moins énigmatique sur une certaine condition humaine. Le “héros” (?) en est tout de même un jeune homme, Yutaka, (Nishijima Hidetori), qui, au début du film, émerge d’un coma qui a duré pas moins de dix ans, phénomène fort rare et quasi-improbable, sauf chez le cinéaste, qui se plait au contact de toutes les formes d’amnésie, comme dans Cure.
Evidemment, en dix ans, les choses ont changé: les parents de Yutaka ont divorcé, et sa soeur Sachiko vient de rentrer des USA.Yutaka est alors “pris en charge” par la seule personne s’intéres- sant un peu à lui, Fujimori (Yakusho Koji, déjà acteur principal des deux autres films mentionnés), qui a transformé le ranch familial en pisciculture de carpes…
En fait, il s’agit d’une renaissance à la vie, mais aussi d’un retour impossible à l’ordre ancien, et d’une reconstitution tout aussi impossible de la cellule familiale: “Je n’ai construit qu’une suite de faits possibles autour du protagoniste. Chaque fait a le même poids, la même valeur. Il n’y a donc pas de hiérarchie entre les évènements.”, déclarait Kurosawa dans un entretien, ajoutant: “Très vite, j’ai réalisé que “la famille” recouvrait une relation qui ne peut jamais être détruite ni recréée, mais qui dure obscurément comme une illusion.”
Comme la plupart de ses autres films récents, Licence to live (qu’on peut traduire par Le Permis de vivre, puisque le distributeur ne le fait pas…) est une vision décalée, biaisée, de la société japonaise, qui a entrainé dans ses changements la forme même d’un cinéma qui trouve ici une nouvelle valeur universelle, loin de celle de Mizoguchi, ou de l’autre Kurosawa.
Dans un tout autre genre nous arrive aussi le premier (et unique) documentaire de Motohashi Seiichi, Le village de Nadia (Naja no mura), tourné en Biélorussie dans un village qui a subi les retombées de Tchernobyl.
Le réalisateur, d’abord photographe, a passé depuis 1991 plusieurs saisons dans ce lieu, où la vie continue malgré tout, en filmant avec pudeur et poésie les habitants qui y survivent, contre l’avis des autorités ou des médecins.
C’est à peine si l’on se rend compte qu’a eu lieu la tragédie de Tchernobyl.
Parfois trop bavard ou “joli”, le film parvient pourtant à susciter une réflexion sensible sur la vie au ralenti, et la mort au travail. Un rare exemple de documentaire qui nous vienne aujourd’hui du Japon.
Mais il sera sans doute plus vu sur Arte, dans une soirée Thema, qu’en salles…
Sore ja, mata!
Max Tessier
– Sorties:
LICENCE TO LIVE ,
de Kurosawa Kiyoshi (1998).1h49. Le 16 Février.
LE VILLAGE DE NADYA
de Motohashi Seiichi (1997). 1h58. Le 16 février.


 

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