Perfect Blue ou la double vie d’une idole

Attention, le manga attaque ! Présenté au premier festival asiatique de Deauville, où il a fait un tabac, voici que débarque sur l’écran de nos fantasmes le Perfect Blue de Kon Satoshi, élève et collaborateur privilégié d’Otomo Katsuhiro, grand “bédéiste” et cinéaste devant l’Eternel (Akira, World appartment horror). Perfect blue est une nouvelle de Takeuchi Yoshikazu (1991) que l’auteur transformera dans un roman ultérieur, “Simple red”. Son héroïne, Mima, est une “idole” de la chanson, membre du groupe des Cham, qui veut devenir actrice et passer à la télévision. Elle provoque ainsi la colère de son club de fans, et en particulier de l’un d’entre eux, assez mystérieux et inquisiteur… Or, Mima joue dans une série télévision assez violente, où les meurtres se succèdent et où son personnage subit un viol collectif. Bientôt, elle ne sait plus où se trouve la limite entre la réalité et la fiction, et Mima est atteinte d’une profonde schizophrénie… Son mystérieux traqueur, qui la dénonce sur Internet, est en fait un Otaku, qui se sent trahi par la défection de la chanteuse,et ourdit un complot contre elle. En fait, nous sommes en plein délire otakiste, ce qui nous ramène à des considérations plus générales sur l’état actuel de la société japonaise (1).
Réalisé avec la qualité graphique qui caractérise les productions d’Otomo, (Rex Enterntainment, Mad House), Perfect blue, dont l’animation est parfois limitée, a tous les ingrédients du manga nippon tel qu’en lui-même… Mima a de grands yeux bleus et ronds, mais les hommes ont de véritables traits japonais. Les plans d’ensemble sont souvent immobiles, mais le mouvement est donné aussi par la virtuosité du montage, et les décors sont d’un réalisme stylisé assez peu fantastique, et légèrement influencé par certains modèles américains.
Quoiqu’il en soit, Perfect Blue ravira les fans de Manga et d’univers virtuels, par son constant oscillement entre, justement, réalité et virtuel, où les obsessions se concrètisent à chaque plan. Un régal pour les amateurs.

Max Tessier

(1) Lire à ce propos l’ouvrage d’Etienne Barral, OTAKU, les enfants du virtuel (Denoël, 1999).
PERFECT BLUE, animation de Kon Satoshi, 1997 (supervisée par Otomo Katsuhiro), 81 minutes. Actuellement sur vos écrans.


 

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