Les quatre fers en l’air

Sutten kororin, une onomatopée bien compliquée et plutôt longue pour décrire pourtant quelque chose de soudain et de très bref: la glissade (sutten) et la renverse qui s’en suit (kororin). Il existe un tas d’onomatopées qui évoquent le fait de glisser : suten (ou sutten), zuden ou même zuru comme il en existe tout autant qui traduisent la culbute ou le fait de rouler par terre : koro koro, goro goro, korori, kororin ou karan karan pour les objets métalliques. Dans le cas de ces dernières, c’est d’ailleurs la nature du sujet qui détermine le choix de l’onomatopée. Ainsi, la canette du distributeur automatique jetée maladroitement à côté de la poubelle fera karan karan sur le bitume avant de s’arrêter dans le caniveau. Même chose dans une chanson pour enfants dont le refrain (omusubi kororin korokororin) évoque les boulettes de riz qui dégringolent de la montagne. Sutten kororin serait une onomatopée composée, du deux en un en quelque sorte : le temps de quelques syllabes et vous voilà les quatre fers en l’air. S’il vous est déjà arrivé de contempler les sols dans les établissements scolaires du Japon, vous avez dû remarquer à quel point ceux-ci scintillent. Entretenus à longueur d’année et foulés exclusivement par les semelles des chaussures ou autres sandales réservées à cet effet (chacun se déchausse à l’entrée et dispose d’un casier personnel pour y laisser ses chaussures), les sols ont tout d’une patinoire, et on s’étonnerait de ne pas voir quelques élèves en profiter malgré eux.

Pierre Ferragut


 

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