DEUX FACONS DE FUIR LES REALITES

L’ULTIME ECHAPPATOIRE
Le Japon connaît, depuis le mois de février, une vague de suicides chez les personnes impliquées dans des scandales politico-financiers et chez les hommes d’affaires en faillite. Soupçonné de corruption, ARAI Shokei, membre obscur du PLD, s’est pendu pour échapper au déshonneur et à la justice le 19 février, le jour où il devait être arrêté. Avant lui trois autres personnes du monde de la politique et des finances s’étaient données la mort pour des raisons identiques. Cette échappatoire semble être courante également chez les dirigeants d’entreprise en faillite, qui tentent eux aussi de se soustraire ainsi à la honte. En effet, comme le rappelle Frédérique Amaoua dans Libération : “La mort volontaire est l’acte de bravoure et de dignité par excellence” au Japon. Elle leur permet de surcroît de faire un dernier geste en faveur de leur entreprise et de leurs salariés, qui touchent leur contrat d’assurance vie (au Japon le suicide n’est pas une cause de non-exécution de contrat d’assurance vie à condition qu’il intervienne plus d’un an après sa signature). Le cas le plus frappant est celui de KOBAYASHI Masaaki, fabricant de pièces détachées automobiles, qui s’est pendu le 25 février avec ses deux principaux fournisseurs, entrainés malgré lui dans sa chute. Les trois hommes se sont saoulés, se sont partagés une corde blanche, puis, vêtus de la même chemise blanche, et se sont pendus à la même heure aux ventilateurs des chambres qu’ils avaient loués dans le même hôtel. Cette mise en scène a eu le mérite d’attirer l’attention de l’opinion publique sur l’ampleur du désespoir d’un nombre croissant d’entrepreneurs auxquels les banques ne veulent plus accorder de crédits, et le gouvernement parle d’aider les PME en incitant les banques à leur prêter davantage. Il faudrait faire vite, car, selon un psychiatre japonais, on peut s’attendre à un pic de suicides aux alentours de la fin mars, date à laquelle les sociétés clôturent leurs comptes.

C. J., “Japon : les suicidés de la corruption”, Le Figaro, 22/02/98.
“Vague de suicides chez les dirigeants d’entreprise”, Le Figaro, 04/03/98.
Frédérique Amaoua, “Japon : vague de suicides par temps de crise”, Libération, 14-15/03/98.

POUR LES PETITS ET LES GRANDS

Ça y est ! Les tamagochis peuvent depuis peu se marier et sont capables de se reproduire. L’acte a lieu dans le plus grand secret, mais le résultat ne se fait pas attendre. Le lendemain matin, les bébés sont là et le possesseur du jeu doit alors s’occuper des parents et des enfants. Un vrai travail à plein temps… Cependant, dès que les bébés tamagochis atteignent l’âge adulte et sont en âge de s’accoupler à leur tour ils chassent leurs parents, ce qui fait craindre à l’hebdomadaire français Marianne que les “tamagochimaniaques” ne mettent eux aussi leurs parents à la porte lorsqu’ils seront grands. En attendant cette perspective cruelle, les parents pourront profiter à loisir des consoles de jeux de leur progéniture, puisqu’il semble que les appareils de jeux vidéo n’attirent plus seulement les enfants et adolescents aujourd’hui. Il faut dire que Lara Croft, l’aventurière aux formes avantageuses de Tomb Raider II doit en faire rêver plus d’un.

Guillaume Grallet, “Sony joue et gagne avec la Playstation”, L’Express, 12/02/98.
“Et maintenant, les Tamagochis font des petits… ingrats”, Marianne, 16-22/02/98.
Clotilde Leroy