ACCIDENT NUCLEAIRE

Le Japon a subi son plus grave accident nucléaire civil le 30 septembre dernier dans l’usine de fabrication de combustible de Tokaimura. Trois employés de l’usine ont été massivement irradiés, et deux d’entre eux sont dans un état très grave. Seize autres personnes ont également été contaminées tandis que 150 personnes vivant à proximité du site étaient évacuées et que 310 000 habitants de la région sont restés confinés chez eux pendant 20 heures. Il semblerait que cet accident, dit de “criticité”, soit du à une erreur humaine, une erreur humaine tellement énorme qu’on ne pourra s’empêcher de lui chercher d’autres causes, la plus évidente et la plus préoccupante d’entre elles étant le manque flagrant d’expérience des trois employés qui ont déclenché la réaction nucléaire. Même si le pic de radioactivité constaté ne présente apparemment pas de danger pour l’environnement et la population, il ne pourra qu’accroître la méfiance des Japonais envers leur industrie nucléaire. D’autant que les autorités gouvernementales se sont une nouvelle fois illustrées par leur lenteur (10 heures) à réagir dans une situation urgente. Même s’il est probable que cet accident ne remettra pas en question le programme nucléaire nippon, une révision des règles de sécurité nucléaire portant sur l’ensemble des installations existantes a tout de même été annoncée et il est vraisemblable que l’installation prévue d’une vingtaine de nouveaux générateurs ainsi que la remise en service du réacteur de Monju seront retardés.
Fabrice Nodé-Langlois, “Alerte nucléaire au Japon”, Le Figaro, 01/10/99.
Frédérique Amaoua, “Accident nucléaire au Japon”, Libération, 01/10/99.
Brice Pedroletti, “L’accident de Tokaimura met en cause l’industrie nucléaire japonaise”, Le Monde, 02/10/99.
Frédérique Amaoua, “L’accident nippon du à un bricolage”, Libération, 02-03/10/99.
Frédérique Amaoua, “Pour le Japon, point de salut hors du nucléaire”, Libération, 06/10/99.
Caroline Jurgenson, “Le Japon nucléaire garde son cap”, Le Figaro, 07/10/99.


LE YEN FLAMBE
Après un premier trimestre encourageant (voir OVNI n°443), le second trimestre a vu une nouvelle progression inattendue de la croissance japonaise (+0,2%). Mais la flambée soudaine du yen, qui s’est apprécié de 15% en 2 mois et demi pour atteindre mi-septembre son plus haut niveau face au dollar en 3 ans, inquiète les Japonais. Ils craignent qu’elle n’hypothèque la reprise en pénalisant leurs exportations. Elle inquiète également les bourses mondiales qui redoutent quant à elles que l’appréciation du yen ne pousse les investisseurs nippons à rapatrier une partie de leurs capitaux placés aux Etats-Unis, ce qui porterait atteinte à la vitalité de l’économie américaine et risquerait alors de faire “craquer” Wall Street. La Banque du Japon a eu beau intervenir massivement et à plusieurs reprises, en l’absence d’une concertation avec les deux autres grandes zones monétaires (les Etats-Unis considérant que l’envolée du yen est un problème purement nippo-nippon), rien n’y a fait. Tous les espoirs résidaient donc dans la tenue d’une réunion des ministres des finances, accompagnés des gouverneurs des banques centrales, des 7 principaux pays industrialisés le 27 septembre dernier à Washington. Le Japon a bien été au centre des discussions. Il s’est engagé à prendre des “mesures de stimulation” de son économie. Cependant, même si le communiqué final du sommet précise que les pays du G7 “partagent les préoccupations du Japon quant à l’impact potentiel de l’appréciation du yen sur l’économie japonaise et mondiale”, ce qui semble-t-il représente déjà un geste fort, aucune mesure concrète destinée à enrayer la hausse de sa monnaie n’a été prise. A suivre…A suivre…
Pierre-Antoine Delhommais et Philippe Pons, “Tokyo est impuissant à enrayer la flambée du yen”, Le Monde, 17/09/99.
V.d. F., “Le yen peut remonter mais pas trop”,
Libération, 23/09/99.
Cécile Prudhomme, “Le G7 au chevet du yen”, Le Monde, 26-27/09/99.
Jean-Pierre Robin, “L’accord du G7 sur le yen affronte les marchés”, Le Figaro, 29/09/99.
Clotilde Leroy