TRAGEDIE CHEZ LES YAKUZAS

Le succès public de Hana-bi aura aussi contribué à débloquer la distribution commerciale du premier film de KITANO Takeshi, désormais consacré grande figure du renouveau du cinéma japonais. Violent Cop (Sono otoko kyobo ni tsuki) qui sort le 25 mars et qu’il tourna en 1989, est un polar individualiste, dont la violence clinique en troublera plus d’un. Ça commence par le passage à tabac d’un SDF par une bande de gamins, ça continue par diverses représailles brutales du flic Azuma (évidemment interprété par KITANO en personne, actif et peu bavard), traumatisé par la mort d’un ami et par le viol de sa sœur, et ça se termine par un règlement de comptes jusqu’au-boutiste qui laisse sur le carreau une bande d’infâmes yakuzas, et Azuma lui-même, payant de sa vie sa vengeance personnelle, en marge des lois sociales, et de l’éthique policière à laquelle il devrait se soumettre. Du film de cette vengeance solitaire se dégage un sentiment de malaise devant l’accumulation de violence sèche et répétée, mais aussi, comme la plupart des films de l’auteur, une fascination ambiguë née de la rigueur et de l’efficacité d’une mise en scène tirée au cordeau : tout le cinéma de KITANO est déjà en place dans Violent Cop, sorte de vengeance des Atrides version yakuza… La femme y occupe une place réduite, comme d’habitude, la sœur droguée et violée annonçant l’époque condamnée de Hana-bi ou la femme étrangement belle de Sonatine. On peut donc espérer la sortie prochaine de Boiling Point (3X4 jugatsu, 1990), son second film, d’une violence cérébrale (et réelle !) encore plus recherchée. A signaler que Violent Cop est désormais disponible en cassette dans la série HK Vidéo, qui propose également Sonatine et Kids return.
Loin de la fiction fulgurante de KITANO, le 20ème festival du Cinéma du Réel, qui se tient jusqu’au 22 mars au Cinéma des cinéastes – le centre Pompidou étant fermé – nous propose cette année une belle rétrospective du cinéma documentaire japonais, programmée par Hiroko Govaers avec une trentaine de films connus ou rares. Tous les grands noms du documentaire nippon sont présents de HANI Susumu à MATSUMOTO Toshio. Les courants réaliste, poétique ou politique, se recoupent dans un vaste fleuve qui irrigue des terres souvent méconnues du cinéma japonais – donc à (re)découvrir d’urgence. A signaler que certains de ces films seront repris début avril à la Maison de la Culture du Japon à Paris.

Max Tessier


 

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