Pettari

En se promenant dans n’importe quelle ville du Japon, on n’est jamais en manque de distributeurs de boissons, de konbini ou de toilettes publiques. Il y a cependant quelque chose qui fait grandement défaut, surtout lorsqu’on a bien marché et qu’on aimerait bien se reposer un peu : rares sont les bancs et les chaises dans cet espace urbain où l’on passe et repasse sans prendre le temps de s’asseoir. Est-ce pour ça qu’un grand nombre de jeunes, garçons ou filles, choisissent d’improviser des pauses en s’accroupissant un peu n’importe où ? Leur derrière se rapproche lourdement du sol, parfois jusqu’à s’affaisser complètement : pettari. Adossés contre un mur, sur les marches d’un escalier, dans un hall de gare ou devant un magasin à côté du porte-parapluies, cette catégorie de Japonais, désignée par les médias par le terme de jibetarian au début des années 90, semble avoir d’autres motivations. Car sinon pourquoi certains d’entre eux iraient jusqu’à s’asseoir en tailleur parterre dans les trains ou métros alors qu’il reste plein de places assises libres ? Une fois installé dans sa position fétiche, le jibetarian papote, boit un soda de distributeur, fume une cigarette, feuillette un manga ou observe simplement les gens qui passent. Des sociologues se sont penchés sur la question, et il y a quelques années une émission d’informations télévisée y consacrait carrément un reportage. Il en ressortait qu’autant d’un point de vue physique que psychologique, cette position près du sol offrirait à ses adeptes une certaine sérénité grâce à laquelle ils adopteraient une vision retranchée et modérée de ce qui les entoure. Depuis, le téléphone portable a envahi les mœurs, ajoutant une dimension virtuelle à cette vision du monde.
Pierre Ferragut


 

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