KUROSAWA KIYOSHI, GRAND MAÎTRE DE LA TERREUR

Peu de sorties japonaises en salles à signaler, à l’exception notable de Loft (2005) de Kurosawa Kiyoshi distribué par Zootrope et que l’on peut voir depuis le 3 janvier 2007. Film d’horreur et d’atmosphère centré sur une momie malencontreusement manipulée et reveillée, Loft confirme une fois de plus après Cure, Kairo et Seance l’habileté diabolique de Kurosawa Kiyoshi en mesure de provoquer des frissons authentiques par la suggestion fanstasmatique. Un tour de force puisque le réalisateur n’abuse pas d’effets speciaux. Ceux-ci sont toujours discrets mais particulièrement efficaces. En attendant la sortie (non-programmée) de son film suivant, l’excellent Sakebi (Le Cri, 2006), où l’inspecteur incarné par Yakusho Kôji a lui aussi affaire à des manisfestations supranormales, avec encore plus de maîtrise dans la progression de la terreur visuelle et mentale, Loft est une œuvre qui mérite d’être vue. Elle démontre une nouvelle fois la capacité de Kurosawa Kiyoshi à nous transporter dans des univers inquiétants. Nul doute que ce film saura satisfaire les amateurs de plus en plus nombreux de sensations fortes.

J’aimerais clore cette rubrique, une fois n’est pas coutume, en signalant la disparition récente de deux cinéastes japonais dits “mineurs”, qui, en réalité, étaient des maîtres chacun dans leur genre. Tout d’abord, Tanaka Noboru, auteur de nombreux “roman-pornos” à la Nikkatsu dont trois films sont sortis en France en 1990 (La Maison des perversités (Yaneura no samposha, 1976), Le Marché sexuel des filles (Shikijo mesu ichiba, 1974), et La Véritable histoire d’Abe Sada (Jitsuroku Abe Sada, 1975), sa propre version de l’histoire de L’Empire des sens réalisée en même temps que le film d’Oshima). Il est décédé subitement le 4 octobre. L’autre cinéaste disparu est Jissoji Akio qui a réalisé plusieurs films érotico-policiers d’une grande qualité esthétique dont le récent Ubume no natsu. Il est mort le 29 novembre. Il convient aussi d’ajouter la disparition, le 7 décembre, de Kishida Kyôko, la grande actrice de Suna no onna (La Femme des sables, 1964) adapté du roman éponyme d’Abe Kôbo.
Sore ja, mata,
Max Tessier

Photo : Loft de Kurosawa Kiyoshi (2005)


 

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