Pyon Pyon

Pyon Pyon Pour de nombreux Japonais, l’été est synonyme de pastèque juteuse, de glace pilée au sirop, de chant de cigales, de tournoi de base-ball inter-lycées, de feu d’artifice, de moustique ravageur ou de clochette tintant au vent (fûrin). Pour d’autres, moins typiques peut-être, c’est tout simplement le moment d’aller à la piscine. Les piscines tant convoitées à cette période de l’année ressemblent davantage à des parcs d’attraction. On s’y rend en famille ou entre amis, parfois pour y passer la journée. Et comme la rentrée scolaire de septembre signifie fatalement la fermeture simultanée de ces centres aquatiques, tout le monde veut en profiter en même temps et ce qui devrait être trempette relaxante et rafraîchissante n’est en fait que bain de foule stressant. Alors forcément certaines règles s’imposent. Il est par exemple généralement prohibé de plonger. Sans faire l’objet d’interdictions avérées, quelques comportements apparaissent tout naturellement comme à éviter. Question de bon sens. On s’abstiendra ainsi de nager dans le bassin… Le plaisir de sentir l’eau onduler le long de son corps dans un mouvement de détente absolue est ici un luxe. Celui de se mesurer au chronomètre sur une longueur est une erreur, un non-sens. Le sport n’a pas sa place dans une pataugeoire, aussi grande soit-elle. Et je me dis que c’est peut-être pour ça, pour prévenir les jambes ankylosées et autres engourdissements que tous les baigneurs sont priés de sortir de l’eau une fois par heure pour se livrer à une séance de gymnastique musicale. Quelques assouplissements contre l’assoupissement. A défaut de pouvoir plonger dans l’eau, vous pouvez toujours sauter en dehors, sur place : pyon pyon.

Pierre Ferragut