Le PLD n’est plus tout seul


Le 20 septembre, Koizumi Junichiro (leader du Parti Libéral Démocrate) s’est vu réélire au poste de premier ministre, reconduisant ses fonctions pour trois ans. Il semble qu’il ait bénéficié de l’amélioration de la croissance et de la remontée de l’indice Nikkei (sans grand rapport avec sa politique). En ne modifiant que très peu son gouvernement, M. Koizumi montre sa volonté de maintenir le cap sur les réformes annoncées en 2001 (privatisation des postes pour 2007 et de la régie des autoroutes, assainissement des comptes des banques et abolition des jeux des factions au sein du PLD) et non encore réalisées. Si l’on en juge par la baisse du nombre de voix en sa faveur de la part des députés et des délégués locaux et la récente augmentation de 40 sièges à la Diète obtenue par le Parti Démocrate du Japon, le principal parti de l’opposition, aux élections législatives du 9 novembre (où la coalition sortante reste celle constituée par le PLD, le parti conservateur et le parti bouddhiste Kômeitô), le deuxième mandat du premier ministre sera moins tranquille que le premier. La contestation va probablement augmenter au sein du gouvernement et parmi la population. En effet, la reprise des exportations et la restructuration du secteur privé (en dépit de l’emploi) ont permis un redressement. Pourtant, l’écart se creuse entre les grandes entreprises et les actifs dont les salaires élevés se maintiennent, et les petites et moyennes entreprises et les provinces souffrant de plus en plus de la délocalisation des entreprises, de l’augmentation des emplois précaires, d’un taux de chômage de 5,1 % (4 millions de jeunes sur 10 millions) et de l’effritement de la protection sociale. Ainsi, les opposants au gouvernement et certains délégués locaux réclament une révision à la hausse des investissements publics pour enrayer la déflation et permettre la relance. L’importance grandissante donnée par les électeurs japonais à l’opposition de centre gauche, ce qui fragilise la majorité bientôt cinquantenaire du PLD, suscite l’espoir pour certains d’une authentique opposition au Japon, où le PDJ a bénéficié notamment des votes de protestation contre l’envoi des troupes de l’armée d’autodéfense en Irak, décidé par le vote d’une loi spéciale l’été dernier.

Jean-Jacques Mével «Le premier ministre Koizumi à l’épreuve du bipartisme», Le Figaro, 10/11/2003.
Philippe Pons, «Thatchériste nippon, le chef du gouvernement a fait de l’Archipel un pays à deux vitesses», Le Monde, 10/11/2003.
Michel Temman «Koizumi d’une courte tête aux législatives japonaises», Libération, 11/11/2003.
Centenaires à Okinawa
Mais pourquoi les habitants des îles d’Okinawa vivent-ils si longtemps ? Sur les 20 000 centenaires du Japon, 600 d’entre eux sont d’Okinawa (pour 1,3 million d’habitants). Bien que ce département soit le plus pauvre du Japon, le mode de vie encore largement rural, où les personnes agées actives malgré la retraite sont intégrées à la vie de communautés solidaires, et un environnement non pollué seraient les raisons de cette longévité extraordinaire. Il ne faut cependant pas oublier l’atout particulier de la cuisine des îles d’Okinawa : le goya. Ce concombre à l’aspect boursouflé extrêmement riche en vitamine C permet de conserver la forme et de résister à la chaleur du climat de cet archipel subtropical. Ajouté à cela une importante consommation d’algues et une cuisine peu salée, le soleil et la mer, et vous aurez là un véritable élixir de longévité !

Philippe Pons, «Mangez des goyas et vous vivrez plus de cent ans !», Le Monde, 11/09/03.

Détecteur d’enfants
Suite à l’enlèvement, au mois de septembre, d’une adolescente retrouvée onze jours plus tard à une centaine de kilomètres de son domicile à Murakami (à 300 km au Nord de Tokyo), la municipalité a décidé d’équiper ses 2700 écoliers d’un appareil GPS. De la taille d’un bip, il permet aux parents de localiser leurs enfants, à raison d’une information toutes les deux minutes, depuis leur ordinateur personnel, ou en téléphonant au centre de la société Secom Co.. Sur les 170 000 usagers de ce système, 40 000 l’utilisent pour surveiller leurs enfants. Des téléphones portables peuvent également être équipés d’un système de positionnement.
Voilà des parents qui ont un satellite à la place des yeux, et des enfants qui n’ont pas fini de les avoir sur le dos !

Philippe Pons, « Au Japon, le GPS sert à éviter les rapts d’enfants », Le Monde, 8/10/03.
Marianne Bié
Marianne Bié