Zatôichi, le masseur blond et sanglant de Kitano

On se doutait bien que le Zatôichi concocté par Kitano “Beat” Takeshi ne serait pas vraiment conforme à l’original… Pour ceux qui connaissent tant soit peu l’histoire du cinéma japonais, Zatôichi demeure le héros “immortel” d’une des plus longues séries de films de “chambara”, une vingtaine d’épisodes en scope, tournés aux studios Daiei de Kyoto, de 1962 à 1969, dont beaucoup sous la direction de l’excellent Misumi Kenji. Le personnage de masseur aveugle et bretteur hors-pair itinérant, inventé par Shimozawa Kan, qui fascina au moins deux générations de cinéphiles, semblait être incarné pour l’éternité par feu l’acteur Katsu Shintarô, les yeux-mi-clos, et toujours sur la défensive. C’était compter sans Kitano. Le résultat est proprement surprenant : Zatôichi est devenu blond-paille, sa canne-épée est rouge vif, et il s’autorise des facéties pas très “historiquement correctes”! Le sang gicle à tout bout de champ, et la variété des coups de sabre est aussi infinie que l’imagination de l’acteur-auteur.
Il ne s’agit pas d’un “remake”, mais bien d’une variation très personnelle de Kitano, un hommage-parodie à une série-culte. Mais c’est aussi dans la bande-son qu’il prend des libertés: pour la première fois, la musique n’est pas signée Joe Hisaishi, mais Suzuki Keiichi, dans une tonalité très différente, et la fin de ce film assez iconoclaste donne lieu à une très étonnante séquence de matsuri-claquettes. Une fois de plus, Kitano se moque des conventions, et donne une interprétation ludique, et très personnelle, d’un personnage mythique du cinéma populaire. Il est recommandé d’aller voir cet exercice de style assez jubilatoire, avant que Beat et Kitano ne nous livrent un film encore plus surprenant !
Max Tessier

Zatôichi, de et avec Kitano Takeshi, Asano Tadanobu. 1h56. Sortie le 5 novembre.

 


 

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