L’année du bain

2003, c’est l’année du bain pour les Tokyoïtes. Et quand je dis “bain”, je ne parle pas de la baignoire de monsieur tout-le-monde, ni du sentô (bain public) de quartier à 400 yens l’entrée. Non, je veux parler d’un genre plutôt gargantuesque de bains, de ces énormes complexes qui font leur apparition les uns après les autres dans la capitale depuis le début de l’année pour accueillir hommes et femmes de tout âge, amateurs de bains chauds. Conçu sur le modèle des parcs à thème, le Ôedo onsen monogatari a ouvert ses portes en mars dernier à Odaiba dans la baie de Tokyo. Pour 2 700 yens, on est invité à déambuler dans une reconstitution de ruelles de l’époque, avec ses échoppes en tout genre (du bistrot à la boutique de souvenirs) et au détour desquelles on finit par atterrir dans l’un des nombreux bains publics dont on ne manquera pas de faire la tournée. Un yukata de circonstance est fourni à l’accueil: ambiance garantie. Le bien-être à la japonaise, ou comment goûter aux joies des fameux onsen ryokô (voyage en source thermale) sans quitter la capitale… Il paraît qu’en creusant à 1 km de profondeur on trouve de l’eau à 30 degrés, or pour parler de onsen 25 suffisent. Ça creuse donc depuis quelques mois à Tokyo, pour le plus grand plaisir de ses habitants pour qui, comme tout bon Nippon, le summum du bonheur est de s’immerger jusqu’au cou, presque immobile, dans un de ces bains de chaleur. Cette chaleur, concrétisée visuellement par des traînées de vapeur qui balancent lentement: yurayura, seuls témoins du temps qui passe.

Pierre Ferragut


 

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