TOUT A SIX SOUS !


On peut dire que l’année 2001 a couronné de succès les «100 yens-plazza», ces magasins où tous les articles sont vendus 100 yens, soit environ 0,87 euro. Le choix y est varié et la rotation très rapide. Daiso, la maison-mère, qui compte aujourd’hui près de 2000 points de vente, connaît aujourd’hui un franc succès auprès de tous les types de consommateurs. M. Yano Hirotake, fondateur de Daiso industries pensait faire de nouveau faillite (il en avait connu neuf) quand il a eu cette idée géniale de tout vendre au même et dérisoire prix, mais la crise aidant, le comportement des consommateurs nippons s’est adapté à l’offre et aujourd’hui, le chiffre d’affaires de Daiso est dix fois supérieur à celui de 1995 ! Le secret ? Acheter en très gros volume, employer du petit personnel (étudiants, intérimaires…), rentabiliser l’espace et surtout importer au maximum (près de 50 %) les produits d’Asie. Un autre point de stratégie: commencer par s’imposer dans les banlieues et la province et ensuite s’attaquer à Tokyo ! L’observation intéressante qui ressort de ce phénomène de prix cassés, c’est que deux principaux marchés émergent par rapport aux autres : le super-discount et le grand luxe. Ainsi, une vendeuse explique que beaucoup de clientes se rendent chez Daiso après avoir acheté un parfum très cher ! On économise au maximum dans ces magasins bon marché pour s’offrir un article de valeur. Ceci peut, à long terme faire du tort au petit commerce. La crise a induit ces nouveaux modes extrêmes de consommation qui minent un peu les grands desseins de Sephora par exemple (groupe LVMH), qui a décidé de fermer ses 7 magasins japonais, deux ans après un lancement hyper médiatique et prometteur. En ce qui concerne les 3 enseignes de Carrefour, elles rencontrent de grosses difficultés car les Japonais ont été déçus de ne pas y trouver des produits «français», ni discount ! De plus, la façon de faire ses courses alimentaires au Japon, ne correspond pas au concept de l’hyper-marché. Les Japonais ont des petits magasins tous les 500 mètres et se fournissent au fur et à mesure. Mais le concept du «100 yen-plazza», ne marcherait-il pas en France ?


Brice Pedroletti, «Sephora se retire, Carrefour s’accroche», Le monde, 6/12/01.
Richard Werly, «Dernière mode nippone: acheter à prix sacrifiés», Libération, 26/12/01.
TRISTE ANNIVERSAIRE
Le 7 décembre dernier marquait le 60ème anniversaire de Pearl Harbor. A cette occasion, deux documentaires ont été diffusés. Le premier, aux Etats-Unis, Enfer dans le Pacifique montrait «une guerre sans règles qui a ignoré les conventions sur le droit de la guerre signée à Genève», explique son réalisateur Jonathan Lewis. Le second, à Tokyo, Riben Guizi (Des démons japonais) de Matsui Minoru, reposent sur les témoignages de 14 anciens soldats de l’armée impériale. C’est une première, surtout face à l’attitude du gouvernement japonais qui a ignoré la demande du Tribunal international des femmes qui lui demandait le 4 décembre à La Haye, de se repentir et d’accepter sa responsabilité au sujet des 200 000 «femmes du réconfort». «Mon film n’a pas de message politique, je voulais montrer à travers les récits de ces hommes ordinaires, meurtris par ce qu’ils ont fait, les profondeurs des ténèbres humaines», explique le réalisateur.

Philippe Pons,«La mémoire des «démons japonais»», Le Monde, 12/12/01.
PROTECTIONNISME
Une nouvelle fois, un différend commercial oppose le Japon à la Chine. En effet, celui-ci veut limiter au maximum les produits chinois qui envahissent son sol en causant du tort aux paysans japonais. Tout a commencé en avril quand M. Koizumi, le Premier ministre, a voulu instaurer des quotas sur les importations de l’oignon blanc chinois, le champignon shiitake, et le jonc pour tatami. Une durée de 200 jours a été décidée, et en contre-partie, la Chine a riposté en augmentant ses droits de douane de 100 % sur les voitures, les climatiseurs et autres portables japonais. Chacun joue de ses propres armes, c’est certain. A cela, Tokyo explique qu’il lui est légitime selon les lois de l’OMC (dont la Chine fait désormais partie) de se protéger si une partie de son économie est menacée et veut ainsi prolonger la restriction. Si le Japon est le premier partenaire commercial de la Chine, cette dernière n’est que le deuxième pour le Japon, les deux économies restent extrêmement liées. Les investissements japonais en Chine sont repartis à la hausse et les industriels japonais accourent pour délocaliser en Chine où un salaire chinois équivaut à 5% d’un salaire japonais !
François Hauter, «Différend commercial entre la Chine et le Japon», Le Figaro économie, 21/12/01.
Jennifer Pocart