PREMIER CAS DE VACHE FOLLE

L’ESB n’est plus une spécificité occidentale, si jamais on avait pu avoir la faiblesse de le croire, depuis l’annonce officielle faite par le ministère japonais de l’agriculture le 10 septembre dernier. Il s’agit du premier cas de vache folle diagnostiqué en Asie. Un test effectué par les experts britanniques de l’agence des laboratoires vétérinaires, sur demande des instances nippones, confirment que la vache laitière de 5 ans a bien été contaminée par l’encéphalopathie spongiforme bovine. Les causes de la présence du prion ne sont pas encore complètement établies mais les supputations qui tendent à attribuer l’origine de la maladie à la nourriture animale contenant des farines de viande et d’os, seront certainement bientôt confirmées. Les autorités japonaises, bien au courant des risques de cette pratique dont les effets se sont illustrés partout en Europe, avaient arrêté les importations de farines animales en provenance de la Grande-Bretagne depuis 1997, cependant ces dernières continuaient d’arriver du Danemark et d’Italie. En 1996, les agriculteurs qui ont été lourdement prévenus qu’il leur était interdit de nourrir le bétail de farines carnées importées, n’ont peut-être pas pris cette injonction au pied de la lettre, celle-ci n’étant pas accompagnée de sanction. S’étant longtemps pensé à l’abri du phénomène “vache folle” en raison du haut degré d’hygiène dans ses fermes à bétail, le Japon doit aujourd’hui faire face à la réaction des consommateurs qui avaient pris l’habitude d’introduire de plus en plus la viande dans leur alimentation. La réaction dans la sphère asiatique ne s’est pas fait attendre: la Corée du Sud et Singapour ont déjà stoppé leur importation de bœuf provenant du Japon.

Philippe Pons, “Le premier cas de maladie de la vache folle a été détecté au Japon”, Le Monde, 12/09/01.
AFP, Le Figaro, 12/09/01.
LE TELEPHONE 3G

Les Japonais sont toujours en avance d’un train en ce qui concerne la téléphonie, c’est pourquoi ils font fi des difficultés que rencontrent les opérateurs et industriels européens et ont bien l’intention d’assaillir le marché du vieux continent. La firme NTT Docomo a commercialisé les portables de 3ème génération (les fameux 3G) au Japon le 1er octobre et selon les prévisions émises par Takachikawa Keiji, pdg de la firme, les visiophones portables (proposés sous le label FOMA, Freedom Of Mobile Multimedia Access) seront disponibles en Europe dès le deuxième trimestre 2002, puis aux Etats-Unis, en 2003. Donc, qu’est-ce qui va changer dans le quotidien pour les Japonais? Pour l’instant pas grand chose étant donné que le service FOMA est restreint à la région de Tokyo, sur 30 kilomètres. Quand il sera plus largement étendu, deux personnes ayant le même type d’appareil (condition sine qua none, bien sûr…) pourront avoir des mini-vidéo-conférences. Il sera possible de télécharger des fichiers, de recevoir de gros courriers (par l’i-mode, service de NTT-Docomo), et de naviguer sur Internet de 6 à 40 fois plus vite que maintenant (attention aux excès de vitesse sur les autoroutes de l’info …). Seront bientôt opérationnels, les services de distribution de vidéo et de musique. Bref, vous aurez des ordinateurs portables… dans la paume de la main. Les prix varient de 2600 à 4600 francs, et l’abonnement de 300 à 800 francs. Nous verrons comment sera accueilli le dernier-né des portables nippons, puis nous jugerons (bientôt) nous-mêmes: gadget ou incontournable nécessité du XXIème siècle?

Richard Werly, “Le visiophone portable arrive au Japon”, Libération, 04/10/01.
Brice Pedroletti, “FOMA, le téléphone du futur, fait ses débuts au Japon ”, Le Monde, 02/10/01.
AFP, “NTT DoCoMo espère lancer la 3ème génération en Europe”, Le Figaro, 04/10/01.
Soutenir LES ETATS-UNIS?

Dans “Le Monde” des 16 et 17 septembre, Philippe Pons rapporte les propos très nuancés du premier ministre japonais, Koïzumi Junichiro, qui s’expri-mait suite aux attentats américains. Ce dernier en appelait au “sang-froid”, rappelait combien est “déraisonnable la simple revanche” et évoquait «l’angle mort de la logique de la force», dans une optique que l’on peut penser protectionniste, dans le sens où le Japon se perçoit comme une cible terroriste éventuelle car il abrite des bases américaines. Tout en ayant ce recul au lendemain des événements, M. Koïzumi veut, quelques jours après, montrer sa solidarité à son allié, allié dont dépend sa propre sécurité, mais le souvenir de la guerre du Golfe ressurgit: les 13 milliards de dollars alors donnés aux Etats-Unis ont eu pour résultat d’isoler diplomatiquement le Japon. Aujourd’hui, afin d’agir de façon plus pragmatique, un projet de loi est présenté par la coalition pour autoriser, pour la première fois, l’action des forces d’auto-défense japonaises, à l’étranger.
Philippe Pons, “Le premier ministre nippon met en garde contre les risques d’engrenage»”, Le Monde, 16-17/10/01.
Philippe Pons, “Japon innonve en offrant un soutient logistique aux forces de riposte”, Le Monde, 26/10/01.
Jennifer Pocart

Après avoir animé pendant dix ans cette rubrique et apporté tout son dynamisme à Espace Japon, Clotilde Leroy a décidé de partir vers d’autres horizons. Toute l’équipe d’OVNI et d’Espace Japon lui souhaite bonne route.