GION

L’austérité des rues, émane des maisons de bois sombre
Des pièces closes sur les secrets du plaisir
Où seuls les lampions ronds et rouges
Eclairent l’usure laquée des portes et des poutres
Le guet des taxis tous feux éteints traque
L’apparition fugitive de la geisha pâle
Dans l’éclat furtif de son kimono de soie
Le visage lisse rehaussé de fard rose.

Tabernacle du chant oublié des grillons
Du ruisseau disparu, du saule désseché
Des arbres torturés dont les fleurs se fanent
Le sang de l’orgueil entrave toutes larmes
Sous le casque luisant de cette coiffure noire
Le regret entrevu d’une nuque poudrée d’ambre
Suffit à retenir la curiosité exaspérée
D’une nostalgie de désirs exténuée de beauté.

Jean-Bernard CHARPENTIER


Jean-Bernard Charpentier, ancien professeur de philosophie, vit et travaille à Paris.
Voyageur et poète, il participe à diverses revues et publications: Les Cahiers du Sens, La Porte des Poètes, La Bartavelle. D’un récent voyage qu’il a effectué au Japon, il nous présente sa découverte de Kyoto et du quartier des geishas: Gion.

“…Jean-Bernard Charpentier entraîne son lecteur sur une route initiatique peuplée de symboles, de légendes,de fines observations de vie.
Son langage est sûr, ses phrases chantent souvent,
les paysages qu’il nous présente méritent toujours les détours du cœur…” J-L Maxence

Ce poème figure dans un recueil ” Les aumônes du soleil” qui vient de paraître aux éditions Le Nouvel Athanor, 50 rue du Disque 75013 Paris. 100F