LES PROPOS DU PREMIER MINISTRE POURRAIENT COUTER CHER AU PLD

L’ex premier ministre, atteint d’une embolie cérébrale début avril dernier (voir OVNI n°456) s’est éteint le 14 mai, après 6 semaines de coma. Agé de 62 ans, OBUCHI Keizo n’aura présidé aux déstinées de son pays que pendant 18 mois. Même si 60% des personnes interrogées lors d’un sondage précédent son accident cérébral se disaient mécontentes de la façon dont le pays était gouverné, cet homme qui se décrivait volontiers comme “très, très ordinaire” restera sans doute dans les mémoires pour ses mesures de relance de l’économie, qui semblent commencer à porter leurs fruits.
MORI Yoshiro, qui l’a remplacé à la tête du gouvernement, restera quant à lui peut-être célèbre pour avoir qualifié, en l’an 2000, le Japon de “pays de nature divine, dont la place centrale est occupée par l’empereur”. Ces propos, qui rappellent furieusement l’idéologie d’avant-guerre, ont soulevé un tollé au Japon. L’opposition s’est empressée de demander la démission du premier ministre et de déposer une motion de censure à la Diète. La presse nationale semble lui en vouloir également et ressort de vieilles histoires peu reluisantes : Mr MORI aurait été arrêté dans une maison de passe dans sa jeunesse; il aurait exercé des pressions sur la presse pour que des rumeurs concernant l’utilisation d’amphétamines par son fils ne soient pas publiées; il aurait reçu des pots-de-vin à l’occasion de la construction d’une centrale nucléaire dans sa circonscription; enfin il aurait cotoyé le chef d’une puissante bande de yakuzas lors d’un mariage, alors qu’il était secrétaire général du PLD. L’opinion publique semble également avoir été choquée par la “gaffe” du premier ministre, qui s’est excusé depuis pour “l’incompréhension” provoquée par sa remarque mais a refusé de la retirer. Les prochaines élections législatives, qui auront lieu le 25 juin prochain, feront-elles état de ce malaise? D’après Brice Pedroletti “Si les commentateurs politiques sont prudents, un vote de rejet plus ou moins massif de l’actuelle coalition au pouvoir n’est pas non plus complètement exclu”, d’autant que le secrétaire général du PLD a d’ores et déjà annoncé que Mr MORI resterait premier ministre si la coalition remportait la majorité. A suivre…

Caroline Jurgenson, “Keizo Obuchi”,
Le Figaro, 15/05/00.
Philippe Pons, “Keizo Obuchi”, Le Monde, 16/05/00.
Philippe Pons, “La gaffe du premier ministre provoque un tollé au Japon”, Le Monde, 19/05/00.
“Yoshiro Mori fréquente les yakusas”, Libération, 26/05/00.
Brice Pedroletti, “Japon : le premier ministre annonce la dissolution de la Diète”,
Le Monde, 03/06/00.
LA POLICE N’EST PLUS AU DESSUS DE TOUS SOUPÇONS

“Falsification de preuves, couvertures de bavures, violence à l’égard de suspects, corruption, implication de policiers dans des affaires de drogue, chantage, harcèlement sexuel, négligences”, comme l’écrit Philippe Pons dans Le Monde, la liste des travers qui touchent la police nippone est bien longue, surtout depuis quelques mois. Même si la situation n’est pas encore aussi préoccupante que dans certaines villes des Etats-unis par exemple, l’opinion publique nippone est choquée par les incidents de plus en plus nombreux qui impliquent des policiers, et ce d’autant plus que les policiers en question avaient jusqu’à présent une excellente réputation auprès de la population. Le gouvernement s’est engagé à réformer le système de formation, d’avancement et de contrôle des policiers. En fait, ce sont les bases du système policier qui sont à revoir. Les policiers ont semble-t-il été trop longtemps dispensés de rendre des comptes et certains bureaucrates très haut placés dans les échelons de la police, soucieux principalement de leur carrière, s’estimeraient au dessus des lois. Comme le constate YOSHINO Jun, ancien préfet de police de Tokyo : “L’évolution de la police reflète celle de la société : le culte de l’argent l’a pervertie”.

Philippe Pons, “”Ripoux” nippons”, Le Monde, 14-15/05/00.
Clotilde Leroy

 

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