cadeaux pour le Noel

Pour les enfants
L’Ecole des loisirs vient de publier un certain nombre d’albums pour enfants.
Signalons plus particulièrement La robe de Noël de Ichikawa Satomi, un conte tout à fait de saison. A l’approche de Noël tous les sapins de la forêt sont impatients de partir à la fête pour être ornés des plus belles parures. Après le passage des bûcherons, seuls restent le plus petit et le plus vieux d’entre eux, ce qui ne veut pourtant pas dire qu’ils ne recevront pas la “robe” dont ils rêvaient pour le grand jour.(78F)
Tami de la forêt du nord de Kanao Keiko et Kawamichi Mieko raconte l’apprentissage de la vie d’une famille de petits tamias (drôles de petits écureuils rayés), du printemps de leur naissance jusqu’à l’hiver suivant. Leur alimentation, les dangers qu’ils encourent, leur hibernation sont décrits et illustrés de façon très réaliste et tendre.(76F)
Le tapis d’Emma d’Allen Say nous transporte dans le monde d’une petite Japonaise. Emma a reçu à sa naissance un tapis magique qui lui inspire des dessins plus magnifiques les uns que les autres. Emma gagne de nombreux prix jusqu’au jour où sa maman lave son tapis fétiche. Catastrophe, les pouvoirs du tapis se sont envolés. Mais la fin n’est pas si triste qu’on pourrait l’imaginer, loin s’en faut.(78F)
La chambre de Vincent de Kimiko est l’histoire de deux petites souris, Mitsou et Kimi, qui habitent la chambre d’un certain Vincent, peintre comme elles, jusqu’au jour où il se coupe une oreille. Les illustrations, d’inspiration très “vincentienne” sont superbes.(78F)
Signalons aussi pour les plus petits Au lit, Lila!, du même auteur, un livre à lire et à relire aux (nombreux) enfants qui ne veulent pas aller se coucher le soir et qui s’identifieront sans peine à la petite chatte Lila.(52F)
Clotilde Leroy


Essai
Après avoir publié D’Edo à Tôkyô – Mémoires et modernité (Gallimard, Paris, 1988), dans lequel il s’attachait à mettre en évidence la “petite tradition” qui a formé le substrat de la modernité japonaise contemporaine, Philippe Pons publie un ouvrage important sur les questions de pauvreté et de criminalité dans la société japonaise.
Grâce à divers éclairages historiques sur la misère et sur le crime, depuis les prémices de l’unification du pays et l’apparition des grandes cités à la fin du XVIe siècle, mais aussi grâce à des recherches approfondies sur le terrain (auquel il semble accoutumé !), l’auteur nous invite à pénétrer dans le milieu de ceux qui vivent en marge de l’ordre social (exclus et déchus de tous poils, marchands forains, voyous, truands, etc.) et qui ont leurs pratiques propres, héritages de longues traditions séculaires.
L’ouvrage se compose de deux parties : la première a pour sujet les parias et la misère urbaine, la seconde traite de la pègre, de son organisation et de son rôle social. L’exposé est dense et clair, et accompagné de nombreuses notes bibliographiques ainsi que de deux index fort utiles. La place me manque ici pour montrer l’intérêt des passages qui traitent des modalités de marginalisation et des comportements internes de cet auteur appelé le “sous-bois social” du Japon.
Par les informations d’une très grande richesse et l’analyse qu’il offre, ce livre saura conquérir tous ceux qui s’intéressent à la société japonaise, à son histoire et à son état présent. À la croisée de l’histoire et de la sociologie, il peut être lu comme un ouvrage de référence sur la question. Philippe Pons rappelle notamment que le problème des sans-abri a pris une ampleur sans précédent dans le Japon moderne.
Clément Bonnier

Misère et crime au Japon

du XVIIe siècle à nos jours

Gallimard, 1999, 551 p., 210F


Cinéma
Devenu la coqueluche des critiques de cinéma, Kitano Takeshi sera peut-être celle des critiques littéraires avec la publication de Asakusa Kid, une autobiographie au travers de laquelle on découvre un homme à la vie extraordinaire qui sous prétexte d’une dérive drolatique dans un Tokyo underground démaquille le rêve japonais.


Asakusa Kid,

trad. Karine Chesneau,

Denoël, 1999, 130F


Voyage
Si nous sommes familiarisés avec les 53 estampes de la route du Tokaido qui datent des années 1850, voici un des fleurons de la littérature classique japonaise relatant un voyage effectué en 1242 de Kyôto à Kamakura. Il s’agit d’un précieux témoignage, riche en évocations pittoresques ou poétiques des sites marqués par l’Histoire et la légende.


Voyage dans les provinces de l’Est

(Tôkan kikô), Anonyme japonais.

Trad. Jacqueline Pigeot.

Ed. Le cabinet des lettrés, Gallimard, 90F.


Périodique
Signalons la parution du numéro 2 de Jipango, média en français sur le Japon. Gratuit mais “utile”, il invite dans sa dernière livraison ses lecteurs à préparer par eux-mêmes un repas japonais.
Le prochain numéro dont la sortie est prévue en mars sera consacré à la littérature.


Pour en savoir plus :

10 rue Jacques Kellner 75017 Paris
http://perso.club-internet.fr/jipango