Un prince du journalisme

Robert Guillain, correspondant du Monde en Asie pendant plus de 25 ans, nous a quitté.
Au cours d’une réunion d’adieu à la Maison de la Culture du Japon, le 16 février, nombre de ses amis s’étaient rassemblé pour lui rendre un dernier hommage.
Parmi eux, Marcel Giuglaris, ancien correspondant de presse qui l’avait bien connu à Tokyo où, dans les années 50, ils étaient les seuls à travailler pour des quotidiens parisiens:
” Robert Guillain, c’est un demi-siècle d’amitié dont 25 ans de métier exercé en parallèle. ..
En reportage, il notait tout dans ses petits carnets. On pouvait le croire lent. Mais non. Robert avait un coup d’il ultra-rapide qui captait immédiatement l’essentiel et savait le traduire en mots-images. Des images, à la portée de tous…
Parmi ses grands scoops, Guillain avait un regret. Celui d’avoir manqué, au Japon, le plus extraordinaire; sans que cela soit de sa faute. A Tokyo, en 1941, le samedi 6 décembre au soir, il avait compris qu’une attaque des Japonais contre les Américains était imminente. Mais comment transmettre cette information. Par téléphone, il ne fallait pas y compter, les conversations étaient écoutées. Par télégramme, c’était aussi suicidaire. Il ne restait que l’Ambassade de France. Le dimanche matin tôt, Guillain est à la résidence de l’Ambassadeur qu’il connait bien. Celui-ci le reçoit en robe de chambre. Robert lui raconte ce qu’il sait et lui demande une transmission par la radio de l’ambassade. “Jamais le dimanche” lui répond l’Ambassadeur qui ajoute: ” De toutes façons, ce ne sont que des ragots de journalistes”. Le lendemain, dimanche à Hawaï, c’est Pearl Harbour. A Tokyo, où c’était dèjà lundi, les journaux japonais titraient en gros caractères: Sensô- la guerre.”
Robert Guillain restera un journaliste et un écrivain qui a su décrire le Japon et la vie de ses habitants comme peu l’avaient fait auparavant.
Dans son dernier ouvrage,
Aventure Japon (Arléa, 98, 165F), il écrivait:
” La bicivilisation, voilà selon moi l’invention majeure du Japon…le pays bicivilisé ne s’embarrasse pas des contradictions qui en résultent. Il est le pays de la coexistence des contraires. Il est le pays où le contraire est vrai.”


Autres ouvrages de Robert Guillain:
Japon: troisième grand (Points-Seuil 87)
L’espion qui sauva Moscou (Arléa 90)
J’ai vu brûler Tokyo (Arléa 90)
Les Geishas ou le monde des fleurs et des saules (Arléa-97)


 

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