Jean-Pierre Limosin : Un certain regard sur le Japon

Le 9 septembre est sorti Tokyo eyes (Les yeux de Tokyo), le film franco-japonais de Jean-Pierre Limosin présenté en mai dans la section “Un Certain Regard” du festival de Cannes. J.P. Limosin (Faux fuyant, Gardien de la nuit), cinéaste français atypique, a été conquis par Tokyo il y a déjà quelques années, au contact du monde du cinéma et du professeur Hasumi, jusqu’à décider d’y tourner un film, celui-ci. Un film franchement “branché” sur les faux-semblants de la jeunesse dorée de Tokyo, à l’époque mi-fascinante, mi-inquiétante du virtuel, où tuer quelqu’un n’est pas finalement très différent de ce qu’on peut faire dans un jeu vidéo… A travers la rencontre insolite entre K, dit “le bigleux”, serial killer de l’écrivain Kitazawa Shimo qui élimine ceux qu’il considère comme de méchants incivils, et Hinano, l’ado libre fascinée par celui que recherche son frère policier, le film est un constant croisement de regards, entre “espionnage” à la sauvette et tentation sexuelle. Une énergie permanente, celle des personnages et de la caméra de Jean-Marc Fabre, parcourt le film et ses lieux de prédilection, les boutiques “in” ou les boîtes de Shibuya vibrant au son de la techno (de Xavier Jamaux), où sévit “K”, poursuivi par Hinano, l’innocente prise au piège du pseudo-tueur. En choisissant Yoshikawa Hinano (18 ans), cover-girl et idole des “Kogaru” (collégiennes) de Shibuya et Tadeka Shinji (25 ans), acteur et musicien qui trouble les mêmes Kogaru, J.P. Limosin a su capter l’air du temps, celui d’un Tokyo fin de siècle où les apparences ne cachent que d’autres apparences, où tout n’est qu’affaire de look. Tout en pointant du doigt les petits évènements de la vie comme par exemple le racisme au quotidien anti-iranien de la part des chauffeurs de bus, ou la conduite égoïste de certains jeunes gens désabusés. Et puis, Limosin nous fait cadeau, in fine, d’une apparition amusante de Kitano Takeshi, en petit yakuza qui fait semblant de ne pas savoir se servir d’une arme… Juste un clin d’il à une autre icône du cinéma japonais actuel.
Peut-être Tokyo eyes semblera-t-il démodé dans quelques années, mais sa superficialité assumée n’est autre que celle d’une société peut-être en bout de course, et qui a commencé sa décadence. A voir donc, pour le regard.
Sore ja mata

Max Tessier

Tokyo Eyes, de J.P. Limosin
Avec Yoshikawa Hinano, Takeda Shinji, Sugimoto Tetta, Kitano Takeshi


 

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