CINEJAPON SUR TOUS LES FRONTS

L’année du Japon bat son plein, et le cinéma japonais aussi! Après L’Anguille d’IMAMURA, c’est le nouveau film de KITANO Takeshi, Hana-bi (Feux d’artifice, Lion d’or à la Mostra de Venise) qui sort le 5 novembre à Paris. Après l’intermède un peu mou de Kids Return, voici le vrai retour de “Beat” Takeshi en grande forme, dans un film noir et poétique, où les éclairs de violence habituels sont atténués par la douceur muette d’une femme condamnée par le cancer, et par les tableaux insolites et post-surréalistes (signés Kitano!) qui ponctuent le récit. Et surtout, il y a KITANO en personne, inquiétant, le regard fixe et la langue muette, qui impose sa présence fascinante au film, comme dans Sonatine, dont le film est proche par le style et une sorte de poésie ludique. Hana-bi (dont le titre scelle aussi la confrontation entre les “fleurs” de l’amour et le “feu” des armes) confirme l’importance de KITANO sur la scène encore fragile du cinéma japonais actuel. Un véritable outsider.
Presque au même moment, du 6 au 11 novembre, se tiendra la troisième Biennale du Cinéma Japonais à Orléans, sous la nouvelle direction de Jean Viala, assisté de KAWAKITA Kiyomasa. Plus de compétition, mais une quarantaine de films récents faisant la part belle au productions indépendantes et au jeune cinéma, “public” ou marginal. Avec une “Carte blanche” au PIA Film Festival, présentant six courts-métrages et six longs, lauréats de précédents festivals. Plus un “panorama du cinéma contemporain” (parfois en collaboration avec le Festival d’Automne, qui commencera juste après à Paris), d’ICHIKAWA Jun à SHINDO Kaneto, de SAI Yoichi à l’excellent Focus d’ITAKA Satoshi, et d’AOYAMA Shinji à HARA Masato. Et encore des avant-premières pour Okaeri, de SHINOZAKI Makoto, et Nemuru Otoko (L’Homme qui dort) de OGURI Kohei, qui doivent tous deux sortir en France en novembre / décembre, le tout en présence des auteurs.
Bref, la meilleure façon de voir le cinéma japonais d’hier et d’aujourd’hui n’est pas forcément d’aller à Tokyo, mais à la Biennale d’Orléans, qui repart sur de nouvelles bases. En attendant le festival d’Automne, qui propose un grand hommage à OSHIMA Nagisa, entre autres.
Max Tessier.


SORIMACHI TAKASHI, LA VEDETTE QUI MONTE, QUI MONTE…

A peine sorti, Forever, le single de SORIMACHI Takashi, s’est classé parmi les cinq meilleures ventes de l’Archipel, projetant ce jeune homme de 24 ans sous les feux de l’actualité et faisant de lui une vedette à surveiller. Il faut dire que ce jeune auteur a conquis le public grâce à une technique bien rompue chez les producteurs japonais, à savoir la chanson générique d’une série ou d’un téléfilm. A l’instar de ses aînés comme MATSUTOYA Yumi ou Mr Children qui assure la vente de ses disques en écrivant ses chansons pour des films publicitaires ou des feuilletons, SORIMACHI Takashi a écrit Forever pour Beach Boys, téléfilm dans lequel il tenait un des rôles. “Etre classé au hit-parade ne m’a pas bouleversé. Il m’importe moins de vendre un CD que de pouvoir faire partager les émotions et les sentiments qui m’habitent”, expliquait récem-ment SORIMACHI quelques jours avant la sortie de son premier album Message dans lequel il place de nombreux espoirs. “Forever n’est qu’une chanson comme les autres dans le sens où je n’ai pas pu totalement m’exprimer puisqu’elle servait de générique à un feuilleton. Je me devais de tenir compte du contenu de ce téléfilm pour écrire les textes. Les autres chansons écrites pour mon album ont, en revanche, une importance particulière. Hitori (seul), Message ou encore Royal Milk Tea sont des chansons grâce auxquelles je me sens bien. Quand on les écoute en buvant de l’alcool et en étant un poil saoûl, on est envahi par une vague de bonheur”. Il n’empêche que la pression que les médias mettent sur cet artiste qui a le vent en poupe le laisse plutôt songeur. “Je suis partagé entre joie et inquiétude”, notait-il dans un entretien accordé au magazine Zappy. “Mais il est évident que je veux aussi prendre mon temps pour m’imposer. Ecrire une chanson n’est pas chose aisée. Mon objectif, c’est de donner du plaisir”. Le mensuel Nikkei Enter-tainment n’en pense pas moins d’ailleurs, puisqu’il estimait dans son édition du mois d’octobre que le premier album de SORIMACHI était “rempli de son charme”.
Reste que pour les oreilles d’un auditeur occidental, le premier opus de SORIMACHI ne se distingue guère des autres productions made in Japan. La pop japonaise semble davantage être mue par un marketing réussi que par un véritable talent original. Même si l’on peut considérer les textes de SORIMACHI comme étant au-dessus de la moyenne des chansons fabriquées à la chaîne dans les maisons de production de l’Archipel, l’ensemble de l’album de SORIMACHI nous laisse sur notre faim. C’est peut-être la raison pour laquelle le jeune chanteur souhaite rapidement faire ses preuves sur scène. “J’ai vraiment envie de chanter en public, mais je ne sais pas très bien encore ce que je chanterai et comment je m’organiserai. L’important pour moi est d’être le plus naturel possible. En attendant, je compte bien produire des disques au rythme d’un par an”. L’accueil réservé à Forever laisse à penser que son premier album devrait bien figurer parmi les meilleures ventes de disques cette année. On comprend aussi pourquoi SORIMACHI, comme la plupart de ses confrères de la scène pop japonaise, se doit de produire beaucoup pour assurer une carrière qui s’annonce des plus prometteuses dans un pays où les vedettes se ramassent à la pelle.

Claude Leblanc

 


 

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