HOMMAGE A MARCEL GIUGLARIS — 故マルセル・ジュグラリスさんに捧ぐ

「心は日本人」

 マルセル・ジュグラリスさんの数多い思い出の中でまっさきに思い出すのは1973年1月にベトナム和平協定が調印される直前に、まだサイゴンといっていた町の外人記者用のプレスセンターがあったコンチネンタル・ホテルの前でばったり出会った時のことだ。サイゴンの空港には入国を拒否する「好ましくない人物」のブラック・リストがあり、私のような駆け出し記者の名前はなかったが、ジュグラリスさんの名前が記載されているのも、わが目で見ていたからだ。全盛期時代のフランス・ソワールの極東特派員として特ダネを連発していた大物記者は当局からマークされていたわけだが、ご当人は驚く私に、「蛇の道は蛇、というでしょ」とニヤニヤ笑いながら、日本語で言った。「ベトナムにノーベル平和賞を探しにきたキッシンジャー氏」―フランス・ソワールには連日、サイゴン発のジュグラリスさんの記事が掲載されていたが、今でも鮮やかに思い出すのが、この大見出しの一面トップの記事だ。改めてジュグラリスさんの情報の正確さと分析力の素晴らしさに脱帽した。
 サンシール士官学校入学と同時に第二次世界大戦が勃発。戦時中はレジスタンスに参加。1951年に朝鮮戦争のカバーで来日。能に興味のあった最初の夫人の遺言で「羽衣」の舞台の三保の松原を見に行くことも目的だった。吉田茂をはじめ歴代の首相から三島由紀夫、石原慎太郎、黒沢明と日本を代表する人物の多くと知己があった。フランス映画の輸出入の総元締め、ユニフランスの日本支社長も兼務していたので日本の映画関係者でジュグラリスさんにお世話になった人は多い。川喜多かしこ賞の第一回受賞者もむべなるかな。フィガロやル・ポワン誌の特派員も兼ねていたが1983年に定年になり日本を去った。そのとき、書かせていただいたインタビュー記事の見出しは「心は日本人」。2008年出版の自叙伝に、この記事が再録されていたのが嬉しかった。南仏ヴェゾン・ラ・ローメンヌの家には日本式の庭園を造って楽しんでいらした。
 毎年、冬場を過ごしていたパリのアパートで最後を迎えたジュグラリスさんの遺体は藍染の粋な着物に包まれ、穏やかな表情を浮かべていた。レジスタンス勲章、レジオン・ドヌール勲章のほか2004年には旭日中綬章を受賞された。
山口昌子(産経新聞パリ支局長)

Un Japonais de cœur

Tel fut en 1982, le titre d’un article publié dans les colonnes du journal Sankei qu’une journaliste japonaise avait choisi pour définir Marcel Giuglaris au moment où il quittait le Japon après y avoir vécu plus de 30 ans. De par son métier de journaliste, correspondant de France-Soir puis du Point et d’Europe N°1, il n’a pas cessé de communiquer sa passion pour les femmes et les hommes de ce pays notamment dans ses livres Le Cinéma japonais (Ed. du Cerf, 1953) ou encore Visa pour le Japon (Gallimard, 1958).
Arrivé au Japon dans les années 50, le conflit coréen l’avait conduit à parcourir tout l’Extrême-Orient, et plus tard à suivre la guerre du Vietnam (Vietnam : le jour de l’escalade, Gallimard, 1966). Mais c’est au Japon que sa présence a été la plus marquante au moment de l’impressionante montée en puissance de l’économie japonaise. Parallèlement à son activité de journaliste, Marcel Giuglaris, en tant que délégué d’Unifrance-Film, a su promouvoir très intelligemment la production cinématographique française, en organisant régulièrement dès 1962 un festival du film français à Tokyo qui a fait du Japon le deuxième marché d’exportation du cinéma français.
Observateur attentif des relations entre le Japon et la France, il fut à la fin des années 60 à l’origine de la sortie de la version japonaise de la revue Elle dans les kiosques japonais. Mais bien davantage. De son bureau de Yurakucho dont il fit une ambassade de France bis ouverte à tous, Marcel Giuglaris avait su tisser des liens humains indélibiles entre tous ceux et celles qui s’y sont retrouvés. Avec son regard pétillant de malice traduisant une curiosité toujours inassouvie, c’est une page des relations franco-japonaises qui se tourne avec sa disparition en ce début de 2010. Nous lui devons beaucoup.
Bernard Béraud