DVD : LES CLASSIQUES DU DVD A VOTRE PORTEE

Vous pensiez être tranquilles après avoir vu en salles les “classiques” du cinéma japonais ou les avoir enregistrés sur le câble ? Pas du tout ! Les revoici enfin en coffrets DVD, se bousculant au portillon déjà bien encombré de Noël. Dieu merci, les éditeurs ne sortent pas QUE les grands noms déjà bien servis. L’infatigable Carlotta Films nous propose, par exemple, des films de Kobayashi Masaki, cinéaste un peu oublié ces derniers temps, avec bien sûr Harakiri (Seppuku, 1963), mais aussi avec le beaucoup plus rare La Condition de l’homme (Ningen no jôken, 1959/61). Cette monumentale épopée humaniste, adaptée du best-seller de Gomikawa Junpei, est proposée en trois DVD, réunis en un coffret collector. On pourra donc y retrouver l’anti-héros Kaji (Nakadai Tatsuya, encore très jeune) ballotté dans la guerre en Mandchourie jusqu’à l’effondrement final, avec en prime les bandes-annonce d’époque, et un livret très fouillé de Claire-Akiko Brisset, intitulé Un objet cinéma-tographique absolu. Pour ceux qui ne l’auraient jamais vu, voici un coffret indispensable pour la découverte d’une des œuvres les plus impressionnantes du cinéma japonais, qui est aussi l’un des films narratifs les plus longs (près de dix heures en tout) du cinéma mondial.
De son côté, Zootrope Films sort deux coffrets attendus, réunissant quatre films-phare de Masumura Yasuzô, déjà sortis en salles, et passés sur le câble : le sublime La femme de Seisaku (Seisaku no tsuma, 1965), Passion (Manji, 1964) pour le volume 1, et Tatouage (Irezumi, 1966), et La Bête aveugle (Môjû, 1969) pour le volume 2, tous sauf le dernier, avec l’incomparable Wakao Ayako, égérie du cinéaste dans les années 1960. Les deux volumes sont accompagnés chacun d’un copieux livret de 24 pages contenant des propos de l’auteur, et proposent des galeries de photos, mais pas de bandes-annonces originales (dommage). On attend avec impatience d’autres chefs-d’œuvre de Masumura, tels Le Soldat gangster (Heitai Yakuza, 1965), Le Rapide noir (Kuro no chôttokyû, 1964), sans parler du légendaire Ange rouge (Akai tenshi, 1966), son film le plus connu, déjà ressorti plusieurs fois.
Rappelons aussi à l’occasion la sortie assez récente chez Wild Side, de trois films majeurs du grand Uchida Tomu : deux jidai-geki (films en costume), Le mont Fuji et la lance ensanglantée (Chiyari Fuji, 1955), Meurtre à Yoshiwara (Hana no Yoshiwara, Hyakunin giri, 1960), et surtout Le Détroit de la faim (Kiga Kaikyô, 1964), fascinant polar social, et dernier grand chef-d’œuvre d’Uchida, qui fut un échec public à l’époque…
Sore ja, mata,
Max Tessier


 

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