RETOUR DU CINEMA JAPONAIS AU FESTIVAL DE DEAUVILLE

Au cours des précédentes années, le cinéma japonais s’était fait un peu rare dans les programmations du festival du film asiatique de Deauville, au profit du toujours ascendant cinéma coréen, ou encore des films chinois. La 7ème édition de Deauville, qui a eu lieu du 9 au 13 mars, l’a un peu remis en selle, avec plusieurs films dans les différentes sections, sans parler d’un hommage “live” au maître désormais incontournable du neo-trash-gore, Miike Takashi, auteur prolifique et controversé s’il en est, aussi doux et aimable que ses films sont ultra-violents, parfois à la limite du supportable : un cas typique de schizophrénie active !
Force est cependant de souligner que le niveau des films japonais présentés n’était pas toujours le meilleur. Si l’on excepte le film de Aoyama Shinji, Lakeside Murder Case (Reikusaido mâdâ kêsu, 2004) dont le prochain long métrage pourrait être montré à Cannes. Voilà une œuvre noire qui se penche assez brillamment sur le “système” éducatif nippon en nous montrant ses travers inquiétants. Les autres films étaient assez décevants, à commencer par Blood and Bones (Chi to hone, 2004) de Sai Yôichi, adaptation plate et longuette (2h24) du best-seller éponyme écrit par un Zainichi, c’est-à-dire un Coréen vivant au Japon. Dans ce film, le cher Beat Takeshi se livre sans vergogne à un numéro de patriarche bastonnant (et lassant).
Marebito, nouvel opus de Shimizu Takashi à qui l’on doit notamment The Grudge est une variation intéressante, mais inaboutie sur le thème de la peur du “monde d’en bas”, et Charon (Karon, 2004), de Takahashi Gen, est une énième version des relations entre une femme à double vie et un gang de yakuza… Plus surprenant et amusant est le premier film du publicitaire Sekiguchi Gen, Survival Style 5, avec l’inévitable Asano Tadanobu, patchwork bizarroïde de destins divers et variés, remarquable pour le travail surréaliste sur les décors…
Parmi tous ces films, aucun n’a été primé, et peu seront distribués à l’exception de Blood and Bones, Marebito et 3-Extremes, film à sketch horrifiant, de Fruit Chan, Park Chan Wook, et Miike Takeshi, qui donne une de ses meilleures œuvres non-sanglantes avec sa contribution intitulée The Box. Aucune date précise n’est encore arrêtée pour leur distribution, mais d’autres films made in Japan peuvent être vus en salles, notamment deux animes pour enfants : Les Aventures de Lolo (Chiisana penguin- Roro no bôken), co-production russo-japonaise de Yoshida Kenjirô et Guennadi Sokolski et Léo, roi de la jungle, de Takeuchi Yoshio, d’après l’œuvre de Tezuka Osamu (20 avril). Deux autres films “pour adultes”, The Taste of Tea (Cha no aji), comédie farfelue de Ishii Katsuhito, qui est loin de tenir la route de ses 2h23, présenté sans grand succès à la Quinzaine de Cannes 2004 (sortie le 20 avril), et La Femme d’eau (Mizu no onna), film aquatique et symbolique de Sugimori Hidenori, avec Asano Tadanobu et la chanteuse UA (4 mai).
Sans oublier la réédition de Gosses de Tokyo, de Ozu Yasujirô (1932), sortie le 6 avril, ni le remake américain de The Ring 2 (Ringu 2), réalisé par Nakata Hideo qui avait lui-même réalisé la version japonaise.
Rendez-vous en mai du côté de la Croisette cannoise qui se laissera peut-être aussi tenter par le cinéma japonais.

Sore ja, mata,
Max Tessier


Lakeside Murder Case de Aoyama Shinji avec Yakusho Kôji


 

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