UN FAUCON A TOKYO


TOKYO-WASHINGTON, MEME COMBAT
Quelques jours après l’élection de Ishihara Shintaro, le 27 avril, le Parlement japonais a adopté de nouvelles dispositions législatives afin de permettre au Japon de jouer un plus grand rôle militaire en cas de crise grave dans sa “zone limitrophe”. Concrètement, les forces d’autodéfense nippones pourront étendre leur soutien logistique à l’armée américaine en dehors des frontières de l’archipel, et les Etats-Unis bénéficieront d’un accès plus important aux installations portuaires et à l’espace aérien japonais. Mais cette “ère nouvelle” dans l’alliance nippo-américaine ne fait pas plaisir à tout le monde. La Chine notamment y voit une provocation. Elle suscite aussi l’opposition du parti démocrate, des sociaux démocrates et des communistes. Ce renforcement de l’alliance militaire nippo-américaine, qui risque “de soumettre les intérêts nationaux aux objectifs poursuivis par Washington”, comme l’écrit Philippe Pons dans Le Monde, ne doit pas plaire beaucoup non plus au nouveau gouverneur de Tokyo. L’opinion publique, par contre, a relativement peu réagi à cette extension des responsabilités militaires nationales, malgré sa fibre pacifiste. Le passage d’un missile nord-coréen au dessus du Japon en août dernier et l’intrusion récente de deux bateaux espions, vraisemblablement nord-coréens, dans les eaux territoriales nippones y sont sans doute pour beaucoup. Le tabou frappant les questions de défense au Japon est donc bien “en train de s’effriter”, comme le remarque Philippe Pons, mais celui frappant l’article 9 de la Constitution (au terme duquel le Japon renonçait au recours à la force et s’engageait à ne pas entretenir d’armée sur son territoire) n’est pas encore près à tomber.
F. Amaoua, “L'”ère nouvelle” de la défense nippo-américaine”, Libération, 28/04/99.
Philippe Pons, “Les députés japonais approuvent la réorientation de l’alliance militaire avec Washington”, Le Monde, 29/04/99.
Philippe Pons, “Le Japon veut une défense comme tout le monde”, Le Monde, 30/04/99.

UN “FAUCON” A TOKYO
Tokyo vient de dire “oui” à l’homme qui dit “non” en élisant le 11 avril l’ultranationaliste Ishihara Shintaro comme gouverneur. Ishihara a en effet bâti sa campagne sur le thème “Tokyo qui peut dire non”, pour reprendre le titre et les idées de son best-seller publié en 1989, “Le Japon qui peut dire non”. S’il tient ses promesses le nouveau gouverneur de Tokyo devrait donc partir en guerre contre le gouvernement central, les “fonctionnaires locaux incapables”, le traité de paix nippo-américain, qu’il juge unilatéral, et le “diktat économique” imposé selon lui à son pays par les Etats-Unis. Si traditionnellement les élections de gouverneur de Tokyo donne la température de l’opinion, les commentateurs politiques nippons semblent cependant penser que l’investiture d’Ishihara traduit plus un ras-le-bol vis-à-vis de la classe politique traditionnelle et une inquiétude face à la crise économique actuelle qu’une véritable poussée du nationalisme. Espérons-le…
F. Amaoua, “Shintaro Ishihara, un nationaliste à la tête de Tokyo”, Libération, 12/04/99.
P. Pons, “Un “faucon” antiaméricain a été élu gouverneur de Tokyo “, Le Monde, 13/04/99.
C. Jurgenson, “Un “faucon” sur les bases américaines”, Le Figaro, 14/04/99.

POISSON D’AVRIL ?
C’est le premier avril que sont entrées en vigueur les dispositions révisées de la loi sur l’égalité des chances à l’emploi datant de 1986. Ces nouvelles dispositions visent à promouvoir l’égalité des chances entre hommes et femmes dans le travail et devraient ouvrir à ces dernières de nouvelles perspectives de carrière. Il faut dire que si les Japonaises représentent 41% des salariés nippons, elles occupent seulement un poste de responsabilité sur 10. D’autre part, 40% d’entre elles ont des emplois à temps dit “partiel”, qui cachent en fait des emplois à temps pratiquement plein, sans contrat et sans garantie. L’autre volet de cette révision consiste en des mesures de prévention du harcèlement sexuel. Si de très nombreux cas ne sont toujours pas révélés, des plaintes commencent à être déposées. Une jeune volontaire de l’organisation électorale du gouverneur d’Osaka a ainsi assigné en justice le gouverneur élu, Yokoyama “Knock”, a qui elle reproche de l’avoir caressée. Une telle plainte aurait était inconcevable il y a 10 ans. Il y a donc du progrès.
Caroline Jurgenson, “Les Nippones se rebiffent”, Le Figaro, 16/04/99.
P. Pons, “Le Japon veut encourager les femmes à travailler”, Le Monde, 02-03/05/99.

Clotilde Leroy



 

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