Du nouveau dans le monde des festivals: le Tokyo Filmex

Un nouveau festival indépendant est né à Tokyo, à l’ombre du Festival International du Film de Tokyo (TIFF) déclinant. Pour la seconde année, le Tokyo Filmex, dirigé par HAYASHI Kanako, et programmé par ICHIYAMA Shozo (un dissident du TIFF), a proposé, avec des moyens encore modestes, une compétition d’une dizaine de films, des projections spéciales (avant premières) et des “focus” sur deux cinéastes très différents: le Finlandais Nyrki Tapiovaara (1911-1940), avec trois de ses rares films (une première au Japon!), et le Japonais OKAMOTO Kihachi, qui, à 76 ans, vient de terminer un nouveau film, Sukedachi Surekoku (litt. Sukeroku à la rescousse. En anglais: Vengeance is such a great businesss!) Cinéaste très actif dans les années soixante, Okamoto, grand fan de jazz, a toujours manifesté un penchant pour la comédie satirique “grotesque”, comme le prouve Eburiman-shi no yugana seikatsu (The elegant life of Mr Everyman, 1963), et jusque dans ses films d’espionnage (Satsujin-kyo jidai / Killer’s age, 1967), ou même ses films de guerre (L’étonnant Chi to suna / Fort Graveyard, 1965, avec Mifune Toshiro, Nakadai Tatsuya, Sato Makoto), qui a justement obtenu le Prix du public. Encore un cinéaste japonais à redécouvrir! La liste est longue.
La compétition offrait dix films asiatiques dont plusieurs avaient été vus dans d’autres festivals (Berlin, Cannes, Venise, Pusan), mais encore inédits au Japon. Le jury, présidé par le cinéaste taiwanais très international Hou Hsiao Hsien, a finalement couronné (à l’issue de vives discussions) le film coréen Flower Island, de Song Il Gon, déjà recompensé par le même président du jury à Pusan quelques jours auparavant! Peut-être un peu trop d’honneur pour ce film d’auteur certes ambitieux, mais pas vraiment convaincant, et encore une fois trop long, sur les destins croisés de trois femmes à la recherche de leur identité assez floue. On pouvait lui préférer d’autres films coréens en compétition, comme Address Unknown, du jeune et prolifique Kim Ki Duk (“The Isle”), ou le très attachant Waikiki Brothers, de Im Soonrye. Le prix du jury est allé à l’Iranien Delbaran, d’A.Jalili, beau film sur le sort difficile d’un petit Afghan qui essaie de travailler en Iran. Autre très beau film iranien, Secret Ballott (Bulletin secret), de Babak Payami, à propos des aléas d’une urne électorale sur une île distante. Parmi les autres films intéressants, mentionnons I love Beijing, de la réalisatrice chinoise Ning Ying (sorte de Taxi driver chinois), et le très agréable et inventif Comeuppance, du Hong-Kongais Derek Chiu. La participation japonaise, Aoï Haru (Printemps bleu), de Toyoda Toshiaki, était de loin la plus faible (hyper violence complaisante dans un lycée curieusement à l’abandon). Bref, en essayant de présenter une meilleure sélection officielle que celle du TIFF, le tout jeune Tokyo Filmex peut sans doute se faire une place de choix sur la carte très peuplée des festivals de films au Japon. Une bonne ambiance cinéphile y règne en plus.
Pour revenir à l’actualité nippo-parisienne, décidément très chargée, rappelons que le Festival des Nouvelles Images du Japon se tient du 15 au 23 décembre au Forum des Images des Halles. Ne manquez pas l’avant première (prévue le 22) du très étonnant Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no kamikakushi), de Miyazaki Hayao, qui sortira en février, ni, s’il passe, le très beau Chiyoko, Millenium actress (Sennen joyu), de KON Satoshi, le jeune et brillant auteur de Perfect Blue. Entre autres.
O-tanoshimi kudasai!
Soreja mata,
Max Tessier

Le Voyage de Chihiro de Miyazaki Hayao


 

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